Quand Ali Akbar Onanga brise le miroir du pouvoir et parle à visage découvert

Il y a des moments où le discours politique quitte le registre de l’invective pour emprunter celui de la lucidité. Ce vendredi 3 octobre, Ali Akbar Onanga a offert au Gabon un spectacle rare : celui d’un opposant qui refuse de jouer le rôle qu’on attend de lui. Pas de cris, pas de menaces, pas d’appel aux barricades. Juste une vérité crue déposée comme un testament sur la table du pouvoir.

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Au nom d’Ali Bongo Ondimba, l’homme a dressé le portrait d’élections qu’il qualifie de « pires jamais organisées au Gabon ». Une litanie d’irrégularités qu’il égrène avec la patience d’un procureur : urnes arrivées en retard, bulletins manquants, isoloirs fantômes, procès-verbaux trafiqués, procurations utilisées comme une arme de guerre électorale. Le tout orchestré, selon lui, dans une cacophonie institutionnelle où le ministre de l’Intérieur se serait arrogé des prérogatives qui n’appartiennent qu’à la Cour constitutionnelle, « rectifiant d’autorité » des résultats à Akanda comme on corrige les devoirs d’un élève indiscipliné.

 

Mais c’est sur l’annulation du scrutin à Lékoni-Lékori que le Secrétaire général du PDG hausse véritablement le ton. Pour lui, cette décision est un « excès de pouvoir caractérisé », une manœuvre politique habillée en décision administrative pour faire taire « un bastion du PDG ». L’ACER, l’organe censé garantir la régularité du scrutin, aurait validé l’arbitraire. Le paradoxe est grinçant : un pouvoir né dans le sang d’un coup d’État justifié par la fraude électorale reproduirait aujourd’hui, selon l’opposition, les mêmes dérives que celles qu’il prétendait combattre.

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C’est là que le discours d’Onanga prend une tournure inattendue. Plutôt que de souffler sur les braises, il choisit d’éteindre le feu avant qu’il ne prenne. « Nous n’appelons pas aux armes pour régler des contestations politiques », martèle-t-il, conscient que l’histoire du Gabon s’est écrite trop souvent au rythme des coups de force. Les questions politiques, rappelle-t-il, se règlent « par les urnes ou par le droit, jamais par la force ». Une profession de foi démocratique qui sonne comme un désaveu implicite du coup d’État de 2023, tout en tendant un miroir au pouvoir actuel : voulez-vous vraiment reproduire les erreurs de vos prédécesseurs ?

 

La suite du propos bascule dans le registre de la confidence politique. S’adressant directement au Président de la République, Onanga abandonne le costume du partisan pour endosser celui du conseiller. Il évoque « la solitude qui entoure la personne qui exerce le pouvoir suprême », ces heures où les courtisans se taisent et où les vérités ne parviennent plus jusqu’aux oreilles du chef. Son conseil tient en une phrase : annuler ces élections et les reprogrammer dans six à douze mois. Sinon, prévient-il, « vous aurez certes une majorité mécanique à l’Assemblée, mais ce sera une majorité sans légitimité, contestée à chaque instant, un fardeau qui affaiblira votre gouvernance ».

 

Le parallèle avec 2023 est implacable. À l’époque, le refus d’annuler des élections contestées avait précipité le pays dans la crise et ouvert la voie aux militaires. Onanga rappelle cette séquence non pour la célébrer, mais pour mettre en garde : l’histoire, quand elle se répète, ne fait pas de cadeau. Et si le pouvoir s’enferme dans le déni, il risque de transformer une victoire électorale en défaite politique.

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Ce qui frappe dans cette prise de parole, c’est son ton. Pas de rhétorique révolutionnaire, pas de menace voilée. Juste un homme qui dit au pouvoir ce que personne n’ose lui dire : vous êtes en train de commettre la même erreur que ceux que vous avez renversés. Le style est celui d’un dialogue intime rendu public, d’une conversation entre deux hommes qui se connaissent et qui savent que le Gabon ne survivra pas à une nouvelle crise institutionnelle.

 

Reste à savoir si le pouvoir entendra ce message. Ou s’il choisira, comme tant d’autres avant lui, de croire que la force suffit à légitimer le fait accompli. L’histoire du Gabon suggère que cette voie mène rarement quelque part. Sauf, peut-être, à un nouveau coup d’État.



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