Ce dimanche 05 octobre 2025, l’église catholique de Nzeng, nichée non loin de Prix Import, a résonné d’une émotion profonde et d’un recueillement vibrant. Dans la lumière tamisée de ce lieu empreint de spiritualité, les chants liturgiques se sont mêlés aux souvenirs, aux larmes discrètes et aux sourires nostalgiques. Ce jour-là, la famille Dizambou DiKass s’est retrouvée pour une messe de requiem dédiée à la mémoire de quatre êtres chers : Jean René Kassa Doukaga, affectueusement appelé Papa Kad, Dominique Gnagamoukoula Mapaga (Tonton Dominique), François Mabika Doukaga (Papa Saint-Esprit) et Jeanne Moutsinga Dinzambou (Ma Jeanne).
Mais au-delà du rituel religieux, c’est l’esprit même de la famille, sa force silencieuse et son unité, qui ont été célébrés. Et dans cet hommage collectif, une figure a particulièrement marqué les esprits : celle de Papa Kad, disparu il y a 23 ans, le 02 octobre 2002.
Durant la cérémonie, la voix de Kévin Dizambou DiKass, empreinte d’émotion et de respect filial, a résonné avec justesse dans la nef. « C’est un sentiment de satisfaction totale, parce que la famille est réellement rassemblée autour non seulement de Papa Kass, qui est décédé il y a 23 ans, mais aussi pour honorer la mémoire de nos disparus », a-t-il déclaré à l’issue de la messe. Ses mots, simples mais profonds, résumaient à eux seuls l’esprit de ce rassemblement : un moment de communion entre générations, un temps de mémoire et d’amour transmis.
L’histoire de Papa Kad est celle d’un homme de son époque, un homme de devoir et de dignité, qui a bâti sa vie autour du travail et de la famille. Ancien comptable, il appartenait à cette génération de bâtisseurs discrets, ces hommes dont la rigueur et la loyauté faisaient la réputation. Il avait achevé sa carrière comme chef du quartier Malaba, à Ndendé, où son sens du service et sa sagesse naturelle avaient laissé une empreinte durable. Pour les siens, il n’était pas seulement un père, mais aussi un repère : un homme unificateur, solide comme le socle d’une maison.
« C’était d’abord un père, vraiment quelqu’un qui était unificateur, qui permettait à ce que la base de la famille soit solide », a poursuivi Kévin, dans un ton empreint de gratitude. En rendant hommage à son père, il rappelait aussi la vocation première de ces cérémonies : celle de rassembler. Car dans le tumulte de la vie moderne, où le temps et la distance érodent souvent les liens, la messe de ce dimanche a eu la saveur d’un retour aux sources.
Les visages, certains marqués par les années, d’autres illuminés par la jeunesse, racontaient une même histoire : celle d’une lignée soudée par la mémoire et par le respect des ancêtres. Dans le silence des bancs, on pouvait sentir ce fil invisible qui unit les vivants aux disparus. La prière commune, les regards complices, les mains serrées tout semblait dire que la famille, malgré les épreuves et le temps, demeure.
Ce moment solennel a aussi révélé une vérité que beaucoup oublient : la mémoire n’est pas qu’un souvenir, c’est un acte vivant. Chaque messe, chaque geste, chaque mot prononcé en hommage est une manière de prolonger la présence de ceux qui nous ont précédés. Pour les enfants de Papa Kad, honorer leur père, c’est aussi perpétuer les valeurs qu’il incarnait : le respect, la solidarité et le vivre-ensemble.
L’église Coeur Immaculé de Nzeng, ce matin-là, n’était pas seulement un lieu de culte. Elle était le théâtre d’une transmission. On y lisait dans les regards la fierté des uns, la reconnaissance des autres. On y entendait des rires timides, parfois entrecoupés de silences lourds d’émotion. Et à travers tout cela, on sentait la présence apaisante de ces quatre figures honorées : Papa Kad, Tonton Dominique, Papa Saint-Esprit et Ma Jeanne.
Le prêtre, dans son homélie, a d’ailleurs souligné avec sagesse : « La mort n’est pas une fin, mais une invitation à aimer davantage. » Ces mots, repris en murmure dans l’assistance, semblaient sceller l’esprit de la journée.
En sortant de l’église, le soleil de Nzeng s’était déjà levé haut, caressant les visages apaisés des fidèles. Les enfants de Papa Kad se tenaient côte à côte, comme un symbole de cette cohésion familiale qu’ils tiennent à préserver. Car pour eux, la messe n’est pas seulement un moment de souvenir, mais un rappel : celui de l’importance de rester unis. « Nous ne devons pas prendre cette messe seulement comme un hommage aux défunts, mais aussi comme une occasion de nous retrouver pour continuer à vivre ensemble dans la paix et la fraternité », a conclu Kévin, avant de rejoindre les siens.
Ainsi, ce dimanche 05 octobre 2025, la messe de Nzeng aura été bien plus qu’un simple hommage : un manifeste du cœur. Elle aura réuni les générations autour d’un héritage commun, fait d’amour, de respect et de foi. Et dans les cœurs de ceux qui étaient présents, Papa Kad et les siens ne sont pas partis : ils vivent encore, dans chaque sourire, dans chaque prière, dans chaque geste d’unité.
Car au fond, honorer les morts, c’est célébrer la vie. Et ce jour-là, à Nzeng, la vie avait le visage d’une famille rassemblée, forte, reconnaissante et infiniment aimante.
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