Emmanuel Mvé Mba réclame l’annulation du scrutin de Ntoum après une élection « truquée »

Dans une atmosphère électrique, Emmanuel Mvé Mba et Aristide Ntoutoume Beyeme, candidats aux législatives et locales dans le 3e arrondissement de Ntoum ont brisé le silence ce samedi lors d’une conférence de presse explosive. Face aux caméras et à une foule de militants survoltés, ils ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « forfaiture démocratique » et réclament purement et simplement l’annulation des élections législatives et locales de 2025.

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Les mots sont durs, les accusations graves. Aristide Ntoutoume Beyeme, candidat de l’Union Nationale, ne mâche pas ses mots. Debout devant un parterre de journalistes et de sympathisants, il dresse un tableau accablant du déroulement du scrutin. Ses représentants n’auraient pas obtenu les accréditations nécessaires malgré les rappels à l’ordre. Pire encore, selon lui, l’intégralité des 29 bureaux de vote aurait été trustée par des scrutateurs de l’Union Démocratique des Bâtisseurs, le parti adverse. « C’est comme si nous étions déchus de nos droits civiques en République gabonaise », lance-t-il avec amertume, avant d’interpeller directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

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L’opacité entourant les résultats ajoute à la confusion. Malgré le dépôt d’une caution de 1,35 million de francs CFA et l’impression de bulletins de vote, l’Union Nationale affirme que ni son nom, ni celui de son candidat, ni même son score n’ont été déclarés par le ministère de l’Intérieur. « On croirait que le 3ème arrondissement de Ntoum est devenu un territoire à part », s’indigne Ntoutoume Beyeme, réclamant que toute lumière soit faite sur cette situation qu’il juge dangereuse pour la jeune démocratie gabonaise.

 

Mais c’est Parfait Ndong Mba, directeur de campagne d’Emmanuel Mvé Mba du Mouvement Citoyen des Volontaires de Liberté, qui enfonce le clou avec une avalanche de preuves visuelles. Sur l’écran défilent photos et vidéos de membres présumés de l’UDB occupant des postes clés dans les bureaux de vote. Nzé Engone Pierre, vice-président d’un bureau, arborant fièrement un t-shirt aux couleurs de l’UDB. Davin Ndong Ngou, ancien chauffeur du fils du candidat adverse, devenu assesseur. Ayang Ngo Kelly, nièce du candidat Paul Biyoghé Mba, également assesseur. La liste s’allonge, méthodique, implacable. « Comment peut-on avoir une élection transparente avec autant de preuves? », martèle-t-il, brandissant les captures d’écran de pages Facebook où ces mêmes scrutateurs affichent ouvertement leur militantisme.

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Les accusations fusent dans tous les sens. L’école de Ndong Mba aurait été fermée trois jours après le début de la campagne, leurs affiches systématiquement déchirées, la tribune du premier tour refusée sous de fallacieux prétextes. Des appels téléphoniques d’intimidation auraient été passés aux notables qui les soutenaient. Un meeting prévu à Bikélé-Rail aurait été saboté par des pressions exercées sur le propriétaire du terrain. « Ces gens-là sont aux abois », lâche Ndong Mba avec un mélange de colère et de satisfaction, persuadé que « la peur a changé de camp ».

 

Quand Emmanuel Mvé Mba prend la parole, c’est pour enfoncer le dernier clou du cercueil de cette élection contestée. Le président du MCVL ne cache pas sa satisfaction d’entendre les témoignages de l’Union Nationale qui, selon lui, prouvent qu’il ne s’agissait pas d’une élection mais d’une « nomination ». « Ils ont voulu plaire à une femme et la commission a dit : c’est vous qui passez », affirme-t-il sans détour. Il évoque une « monarchie tombée » qui refuse de disparaître, des rois et des règlements de compte qui n’ont pas leur place dans la République gabonaise.

Screenshot 20251021 111016nEmmanuel Mvé Mba ‘hésite pas à évoquer des menaces physiques et mystiques. Un jeune homme aurait été « chargé » de le toucher lors d’un meeting. Le fils de Paul Biyoghé Mba aurait garé son pick-up au milieu de la foule lors de leur dernier rassemblement, exigeant de savoir qui les avait autorisés à parler. « C’est une provocation », tonne Mvé Mba, qui affirme être désormais filé et surveillé. Il appelle le peuple à la vigilance, évoquant des risques de « disparitions, d’enlèvements, d’agressions physiques, morales et professionnelles ».

 

Au-delà de la colère, c’est un projet de société que défend le MCVL. Des allocations familiales de 25.000 francs CFA par enfant scolarisé, une allocation chômage de 100.000 francs pour les diplômés sans emploi. « Nous avons marre de la politique politicienne, nous voulons une politique qui se traduit dans nos poches », martèle Ndong Mba, expliquant que c’est sur ces promesses concrètes qu’ils ont construit leur campagne et obtenu des ralliements spontanés, sans verser un franc.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes selon les candidats contestataires. Le MCVL serait passé de 600 à plus de 800 voix entre les deux tours, tandis que l’UDB aurait chuté de 1.600 à 1.000 voix. « Comment peut-on avoir des ralliements et faire un score inférieur à celui du premier tour? Mathématiquement, ça ne s’explique pas », ironise le directeur de campagne, qui dément formellement toute rumeur d’arrangement avec l’Union Démocratique des Bâtisseurs.

 

Dans cette commune de Ntoum où règne depuis près de cinquante ans une forme de stabilité politique, l’existence même d’un second tour constitue déjà une petite révolution. « Depuis près de 50 ans, il n’y avait jamais eu de deuxième tour dans le 3ème arrondissement. S’il y a un deuxième tour, c’est que le peuple se révolte », analyse Emmanuel Mvé Mba, y voyant le signe d’un ras-le-bol généralisé.

 

La balle est désormais dans le camp de la Cour constitutionnelle, saisie d’un recours en annulation. En attendant, les candidats appellent leurs partisans au calme tout en promettant que si la justice ne tranche pas en leur faveur, le peuple pourrait bien se faire entendre autrement. « Nous sommes respectueux des institutions, mais à un moment, on ne pourra plus les retenir », prévient Ndong Mba, laissant planer une menace à peine voilée sur l’arrondissement déjà sous tension. Dans les rues de Ntoum, chacun retient son souffle, conscient que cette élection contestée pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique locale, pour le meilleur ou pour le pire.



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