Crise de Confiance à l’UDB : Les Méthodes de l’Ancien Régime Dénoncées dans le Choix des Sénateurs

L’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), formation politique censée incarner le renouveau démocratique, est en proie à une grave crise interne. La méthode de désignation des candidats aux prochaines élections sénatoriales suscite une vive colère, faisant craindre un retour aux pratiques décriées de l’ancien régime. La polémique a été portée sur la place publique par le prophète Béni Ngoua Mbina, dont la dénonciation est rapidement devenue un réquisitoire contre la direction du parti.

 

Au cœur de la discorde, le refus manifeste du parti d’organiser des primaires démocratiques pour départager les postulants. Selon les voix dissidentes, la direction de l’UDB aurait opté pour la cooptation et la nomination, en totale contradiction avec les idéaux d’ouverture prônés par la formation.

 

« On vient de vivre un des scénarios que l’on reprochait à l’ancien régime. Les forfaitures de l’ancien régime qu’on veut encore nous imposer aujourd’hui, » a martelé Béni Ngoua Mbina dans une vidéo largement diffusée,

soulignant le paradoxe d’un parti qui, après avoir critiqué l’immobilisme politique, semble reproduire les mêmes schémas.

 

L’Article 29 et le Fait Accompli

L’indignation culmine autour de l’utilisation de l’article 29 des statuts du parti, brandi par la direction pour légitimer ses choix. M. Ngoua Mbina s’interroge sur la véritable source de ces propositions : « Qui est allé proposer les noms au président du parti ? »

 

Le processus de désignation dans le département de Mougoutsi (province de la Nyanga) est pris pour illustration d’une manœuvre opaque et expéditive. Les critiques soulignent que les 21 conseillers du département n’ont pas été consultés. Pire, une note d’orientation aurait été émise le samedi 18 octobre et clôturée dès le dimanche 19, un délai jugé irréaliste, alors que les militants étaient éloignés (plantations, églises).

 

Cette précipitation, selon le prophète, n’aurait eu qu’un objectif : « trier sur le tas des copains et coquins » et « mettre les gens devant le fait accompli » pour court-circuiter le dépôt de candidatures et l’expression libre des membres.

 

L’analogie avec les pratiques décriées du passé est la plus sévère des accusations. « Qu’est-ce qui diffère de la nomination ? Autant prendre un décret pour les nommer, » conclut Béni Ngoua Mbina, dénonçant l’hypocrisie de la direction qui aurait simplement entériné une liste préétablie, proposée par un cercle restreint, sans l’aval de la base.

 

Cette crise de confiance à l’UDB pose la question fondamentale de la sincérité des partis politiques dans leur engagement envers la démocratie interne. Alors que le Gabon cherche à consolider ses institutions, la capacité des partis à se réformer et à respecter leurs propres principes est mise à rude épreuve. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’UDB, qui devra choisir entre apaiser la base en ouvrant le jeu démocratique, ou maintenir ses choix au risque d’une désaffection durable de ses militants.



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Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...

One thought on “Crise de Confiance à l’UDB : Les Méthodes de l’Ancien Régime Dénoncées dans le Choix des Sénateurs”

  1. L’UDB est victime d’un faux départ. Ceux et celles qui ont intégré ce parti, la majorité viennent du pouvoir déchu et vous attendez un résultat contraire.

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