Au marché Samba’a, la renaissance agricole gabonaise prend racine

Le marché Samba’a des Charbonnages s’est transformé vendredi en une véritable vitrine de l’agriculture gabonaise. Pendant deux jours, producteurs locaux, éleveurs et agriculteurs se sont retrouvés autour d’une ambition commune : démontrer que le Gabon peut nourrir ses enfants avec ses propres ressources. Cette foire commerciale, bien plus qu’un simple étalage de produits, symbolise un tournant stratégique dans la politique agricole nationale, portée par le Groupe d’Intérêt Agricole et ses partenaires déterminés à relever le défi de la souveraineté alimentaire.

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L’atmosphère était à la fois festive et studieuse. Une trentaine de stands colorés présentaient la richesse insoupçonnée des terroirs gabonais. Régimes de bananes plantains, tubercules gorgés de terre fertile, citrons juteux, oignons parfumés, produits oléagineux et laitiers : la diversité exposée témoignait d’un savoir-faire local trop longtemps resté dans l’ombre des importations massives.

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Les visiteurs déambulaient entre les étals, découvrant des produits agricoles bruts côtoyant des denrées transformées, toutes proposées à des prix défiant la concurrence des produits importés. Cette accessibilité financière n’est pas anodine dans un pays où le coût de la vie pèse lourdement sur les ménages.

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Mais au-delà de la dimension commerciale, cette foire marquait surtout l’adhésion massive de nombreux agriculteurs et éleveurs au Groupe d’Intérêt Agricole présidé par Hervé Omva. Cette structure, née dans le sillage d’une décision présidentielle forte, incarne aujourd’hui l’espoir d’une agriculture gabonaise enfin structurée et compétitive.

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Lors d’une rencontre organisée au siège du GIA, Hervé Omva a retracé la genèse de cette initiative qui bouleverse déjà les codes du secteur. « Ici, vous êtes au siège du GIA, du Groupement d’Intérêt Agricole. Ce sont des bureaux, ce sont des locaux. Une partie a été cédée par la société Samba Market, partenaire du groupe », a-t-il expliqué, précisant que cette structure découle directement des journées de réflexion organisées après que le chef de l’État ait interdit l’importation des poulets congelés au Gabon.

 

Cette décision présidentielle, loin d’être un simple coup d’éclat, a déclenché une dynamique profonde. « Le GIA a été créé suite aux recommandations de ces journées », a rappelé Hervé Omva, qui a passé un mois à consulter « les éleveurs de poulets et de volailles, aussi bien du Grand Libreville que de l’intérieur du pays ». Ces échanges ont permis d’établir une cartographie précise des acteurs de la filière, indispensable pour construire une politique agricole cohérente. Le travail du GIA ne s’arrête pas à la volaille. Depuis près de deux ans, l’organisation distribue aux agriculteurs « des semences de soja, d’arachide et de maïs », jetant ainsi les bases d’une diversification des cultures.

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La signature récente d’une convention marque une nouvelle étape cruciale. « C’est le démarrage du véhicule qui va permettre aux GIA de travailler avec l’ensemble des agriculteurs et des éleveurs dans un cadre formalisé », s’est réjoui le président du groupement. Cette formalisation s’appuie sur des partenariats stratégiques avec l’UGACI Africa, Supergel représenté par Wassim Hassan, et le cabinet HOD de Xavier François Mbeng. Pour Hervé Omva, le message est limpide : « Notre rôle en tant qu’entrepreneurs, c’est de répondre à l’appel du chef de l’État, répondre aux engagements du gouvernement. »

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Mais cette ambition ne peut se concrétiser sans un accompagnement résolu de l’État. Hervé Omva l’a martelé avec insistance : « Le gouvernement a mis en place un cadre, un cadre légal dans lequel nous évoluons », mais les acteurs de terrain attendent désormais « l’appel du gouvernement pour présenter ce que nous faisons et proposer des pistes de solutions ».

La question des équipements illustre parfaitement cette nécessité de dialogue. « Madame le ministre a distribué des tracteurs dans tout le Gabon. Comment pouvons-nous y accéder pour améliorer nos exploitations ? », a-t-il interrogé, soulignant le rôle de facilitateur que doit jouer l’État, notamment dans les relations avec les institutions financières internationales. « Nous ne sommes pas des concurrents du gouvernement. Chacun a son segment : le gouvernement facilite, les entrepreneurs développent le tissu économique et social », a-t-il précisé, traçant les contours d’un partenariat gagnant-gagnant.

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L’horizon est clairement défini. « Le président de la République a décidé qu’en 2027, il n’y aura plus d’importation de poulet », a rappelé Hervé Omva, saluant la création d’un fonds dédié à l’entrepreneuriat agricole. Mais il insiste sur la nécessité d’inclure les acteurs de terrain dans l’élaboration des politiques : « On ne crée pas une structure sans les consommateurs de ces produits. » Le modèle économique du GIA vise à créer « un cercle vertueux qui permet aux populations rurales de bénéficier directement des retombées », à travers les circuits d’achat locaux, la bancarisation et l’assurance agricole.

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Xavier Mbeng, pour sa part, a confirmé l’ambition industrielle du projet. « Nous ferons notre travail. Nous n’allons pas seulement soutenir les éleveurs, nous sommes en pourparlers avec les autorités compétentes afin de mettre à disposition des sites, c’est-à-dire des surfaces élevées, pour qu’on commence aussi à faire quelque chose dans l’industrie », a-t-il annoncé.

Conscient des limites actuelles, il prône le réalisme : « Nous ne produisons absolument rien au Gabon. Nous allons donc travailler avec les moyens qui sont les nôtres, avec les partenaires du pays et de l’extérieur. » Selon lui, la maîtrise de la structure nécessitera « deux à trois ans » avant d’envisager une production à grande échelle.

 

Au marché Samba’a, entre les étals de bananes, les tuber et les discussions stratégiques, c’est une nouvelle page de l’histoire agricole gabonaise qui s’écrit, patient par patient, semence par semence.



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