Société Civile Gabonaise : une motion ferme pour défendre la justice face aux attaques de la famille Bongo

Dans un contexte politique sensible, la Société Civile Gabonaise, réunie au sein de l’Inter-Associations des Forces Vives, vient de rendre publique une motion d’une rare emphase, réaffirmant son soutien « total, indéfectible et absolu » à la justice nationale. Ce document, adopté ce vendredi, vise à dénoncer et contrer ce que les organisations qualifient de « campagne de dénigrement coordonnée » menée sur les réseaux sociaux par certains membres de la famille Bongo.une déclaration lue par Okome Obiang Bérénice, porte-parole de la coalition.

 

Dès les premières lignes, le ton est donné. La Société Civile rappelle que la justice, bras protecteur de l’État de droit, est l’un des piliers sur lesquels repose la paix sociale.

Elle insiste : « La justice agit au nom du peuple et pour le peuple. »

Dans ce cadre, toute tentative de la décrédibiliser représenterait, selon les signataires, une atteinte directe à la souveraineté nationale.

 

Les organisations visent explicitement Sylvie Aimée Marie Valentin Bongo Ondimba et Noureddine Bongo Valentin, qu’elles accusent de véhiculer des propos « diffamatoires, irrespectueux et dangereux » à l’encontre des magistrats et de leurs institutions.

 

Une motion en quatre articles : défense, condamnation et appel à la retenue

 

La motion adoptée s’articule autour de quatre articles majeurs qui tracent clairement la position de la Société Civile :

Soutien total à la justice gabonaise et reconnaissance du rôle crucial des magistrats dans la consolidation de la République.

 

Condamnation ferme de toute tentative visant à discréditer l’appareil judiciaire, notamment les sorties médiatiques attribuées à la famille Bongo.

 

Appel à la responsabilité citoyenne, invitant populations, médias, leaders politiques et forces vives à éviter toute dérive verbale pouvant menacer la cohésion nationale.

Engagement à accompagner le renforcement du pouvoir judiciaire, tant dans ses moyens que dans son indépendance.

 

Ces articles, selon plusieurs observateurs, marquent un tournant : la Société Civile ne se contente plus d’émettre des alertes, elle entend désormais s’ériger en bouclier institutionnel.

 

Des poursuites envisagées contre Sylvie et Noureddine Bongo

L’un des passages les plus marquants du texte concerne la possible ouverture d’actions en justice contre les deux personnalités visées.

La Société Civile évoque des motifs lourds : atteinte à la souveraineté de l’État, haute trahison et incitation à la haine.

Si une telle démarche venait à se matérialiser, elle pourrait créer un précédent inédit dans les relations entre l’ancien pouvoir et les institutions actuelles.

 

Un hommage appuyé au monde judiciaire

Au-delà de la condamnation, la motion se veut également un message d’encouragement.

Les magistrats et personnels judiciaires sont salués pour leur « courage, leur abnégation et leur fidélité au peuple gabonais ».

La Société Civile rappelle que la stabilité du pays repose en grande partie sur leur engagement quotidien.

 

Le document se clôt sur une profession d’appartenance forte :

« Je suis Gabonaise. Je suis Gabonaise. Je suis Gabonaise. »

Une répétition voulue, interprétée comme une affirmation de résistance et de fierté nationale, signée par Okomo Obiang Bérénice, Président du Comité de Coordination.

Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...