À l’occasion de la clôture des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, un panel essentiel s’est tenu à l’auditorium de Gabon 24, orchestré par la Fondation Ma Bannière. Parmi les voix fortes qui ont porté le débat, celle de Sidonie Flore Ouwè, magistrate et présidente de l’association Le Salon de la Femme, a offert au public un éclairage juridique précieux et concret sur un fléau moderne : les violences numériques.

Aux côtés de Linda Bongo Ondimba et d’autres experts, elle a d’abord cadré le sujet. « Les violences numériques, à mon sens, je vais le définir simplement, ce sont celles liées au téléphone, aux réseaux sociaux, sur Internet, aux photos, aux vidéos, aux messages, etc. Mais ce sont d’abord des actes. Ce sont des actes qui ensuite sont véhiculés sur les réseaux sociaux », a-t-elle expliqué, rappelant que ces actes recouvrent menaces, injures et maltraitances de toute nature.


Mais au-delà de la définition, l’essentiel réside dans la compréhension de l’atteinte fondamentale que ces violences représentent. Sidonie Flore Ouwè a insisté sur ce point crucial pour toute victime souhaitant porter plainte : « Lorsqu’on porte plainte (…) on est en présence de deux choses. Premièrement, la personne en posant l’acte a troublé l’ordre public (…).

Et deuxièmement, il y a un droit fondamental qui a été protégé par la société et dont l’auteur heurte ce droit fondamental. » Elle détaille : « Ce droit fondamental, c’est soit l’intégrité physique, c’est soit le droit à la vie, c’est soit le droit à la propriété (…). Lorsque quelqu’un m’a insulté, ça veut dire que la personne a porté atteinte à mon identité morale. »
La magistrate a ensuite donné les clés pratiques pour consolider une plainte, soulignant l’impérieuse nécessité de recueillir des preuves solides. « Lorsque vous avez un message qui revient à chaque fois, vous prenez ce message et vous le gardez. Parce qu’au niveau de la justice, c’est la preuve qui compte. (…) C’est sur les capteurs d’écran, par exemple, puisque c’est sur les réseaux sociaux. Donc, vous avez la possibilité de les prendre (…). Vous pouvez compacter tous ces éléments et aller voir directement le procureur de la République. »

Ce plaidoyer s’inscrit dans un constat plus large : si la loi 006/2021 contre les violences faites aux femmes au Gabon constitue une avancée textuelle, elle présente une lacune majeure. « Cette belle loi n’a pas prévu les violences numériques (…) notamment au lieu où s’exercent ces violences. Et donc, c’est une occasion qui est offerte à la Femme de dire oui, il y a une loi sur les infractions numériques, mais qui n’est pas ciblée sur les femmes. » Son appel est clair : il est souhaitable que la loi 006 intègre en son sein les violences numériques spécifiques subies par les femmes en ligne.

Un message fort, qui rappelle que derrière chaque écran, les droits fondamentaux restent inviolables, et que la justice doit évoluer au même rythme que les moyens de les bafouer.
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