L’annulation des 51ᵉˢ Assises internationales de la presse francophone, initialement prévues à Libreville, continue de susciter interrogations et incompréhensions. Face à une communication jugée « tronquée » du Bureau international (BI) de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), la section gabonaise a décidé de rompre le silence et de livrer sa version des faits, documents à l’appui.
Dans une correspondance officielle datée du 11 décembre 2025, adressée à la présidente par intérim de l’UPF, les responsables gabonais évoquent un « devoir de vérité » et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de réécriture des causes réelles de l’annulation.
Une adhésion libre, pas une soumission
D’entrée de jeu, la section gabonaise rappelle un principe fondamental : son adhésion à l’UPF est libre et volontaire, fondée sur les valeurs de liberté et d’indépendance de la presse.
« Nous n’avons jamais adhéré à une structure fonctionnant comme une secte, exigeant une obéissance aveugle », écrivent les responsables gabonais, qui dénoncent des méthodes récentes jugées autoritaires et contraires à l’esprit même de l’organisation.
Ils pointent également le ton employé dans la communication du BI du 10 décembre, adressée notamment aux autorités gabonaises, perçu comme un manque de respect envers un État souverain.
La controverse autour d’une “convention” inexistante
Au cœur du différend figure une prétendue convention que le BI affirme avoir transmise au Gouvernement gabonais. Une affirmation que la section gabonaise réfute catégoriquement.
« Aucune convention émanant du Bureau international n’a jamais été transmise au Gouvernement gabonais », affirme-t-elle, mettant le BI au défi d’en produire la preuve devant les instances compétentes.
Selon la section gabonaise, la question de la convention n’a émergé que tardivement, lorsque s’est posée celle du transfert international des fonds. Lors de la visite officielle de la Secrétaire générale de l’UPF à Libreville, entre le 24 juin et le 1er juillet 2025, cette convention n’aurait jamais été évoquée, alors même que des rencontres de haut niveau avaient eu lieu.
Le premier document mentionnant une « convention » ne daterait que du 28 octobre 2025, soit à un stade avancé des préparatifs.
Une proposition camerounaise suggérée au Gabon
Autre élément troublant soulevé par la section gabonaise : la seule « convention » reçue, le 31 octobre 2025, l’aurait été via WhatsApp. Il ne s’agissait pas d’un document original, mais d’un modèle camerounais, proposé au Gabon pour simple recopie.
Une méthode jugée peu conforme aux usages diplomatiques et administratifs, surtout pour un événement de portée internationale.
Le projet gabonais et l’exigence des 150 000 euros
Face à l’impasse, le Gouvernement gabonais prend l’initiative. Le 15 novembre 2025, il transmet au BI un projet de convention proposant un cadre jugé légal, transparent et respectueux de la souveraineté nationale.
Ce texte prévoyait notamment :
la prise en charge logistique complète de l’événement par l’État ; le paiement des titres de transport des invités ; un engagement financier conditionné à des pièces justificatives ; une transparence totale des flux financiers ; un rapport financier final cosigné par toutes les parties.
Mais le 17 novembre, le BI renvoie une version modifiée, intégrant une exigence jugée inacceptable par la partie gabonaise : le transfert de 150 000 euros sur un compte bancaire de l’UPF internationale dans un délai de dix jours.
Une condition qualifiée d’étrangère au droit gabonais et juridiquement inexécutable, au regard des règles de comptabilité publique.
Une annulation aux causes contestées
Pour la section gabonaise, les faits sont clairs : l’annulation des Assises ne résulte ni d’un manque d’engagement du Gabon, ni d’un défaut d’organisation, mais d’un désaccord financier et juridique profond, lié à une exigence jugée contraire à la souveraineté de l’État.
« Nous refusons que des mois de travail et l’honneur de nos institutions soient effacés par une présentation altérée des faits », concluent les responsables gabonais.
En livrant leur version, ils appellent l’opinion publique, nationale et internationale, à une lecture plus nuancée de cette crise, qui dépasse le simple cadre d’un événement annulé et interroge les rapports entre organisations internationales et États souverains.
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