Jean Rémy Yama claque la porte du pouvoir et rejoint l’opposition

Au siège du Parti National pour le Travail et le Progrès, le ton était grave ce lundi 22 décembre. Jean Rémy Yama, président du PNTP, a rompu un long silence pour annoncer un tournant radical : son parti bascule dans l’opposition. Après des mois de réflexion interne et d’éclipse médiatique volontaire, le leader politique a dressé un réquisitoire sans concession contre la transition gabonaise, qu’il qualifie de « vaste tromperie ».

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« Des faits saillants indiquent bien qu’il y a une amplitude abyssale entre l’euphorie et l’espérance d’un Gabon meilleur qui nous avait tous traversés dans la nuit du 30 août 2023, et des inquiétudes légitimes et profondes au sortir de la Transition », a-t-il déclaré devant une assistance de journalistes. Pour lui, le constat est accablant : la transition a accouché d’un « recul démocratique déconcertant » marqué par des « bannissements ahurissants » de candidatures gênantes.

 

Jean Rémy Yama ne mâche pas ses mots. Lui-même victime d’exclusions lors des scrutins présidentiel, législatifs et locaux de 2025, il dénonce une stratégie délibérée du pouvoir visant à écarter les adversaires encombrants plutôt que de gérer d’éventuelles contestations post-électorales. Cette méthode, selon lui, garantit une abstention élevée et facilite la fraude.

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Le résultat ? Un Parlement « monocolore » entièrement acquis au président de la République. « Vouloir faire croire que l’actuel Parlement monocolore est le choix du peuple, c’est vouloir faire croire que les Gabonais sont nostalgiques du parti unique de l’époque d’Omar Bongo : ce qui est un mensonge indécent », a-t-il martelé, établissant un parallèle cinglant avec l’ère du monopartisme. L’exemple de la taxe d’habitation, votée sans opposition réelle, illustre selon lui cette soumission parlementaire.

 

Le président du PNTP s’insurge également contre cette taxe qui frappe les factures d’électricité alors que « les grands propriétaires fonciers en République gabonaise occupent généralement des hautes fonctions qui les dispensent de payer l’eau et l’électricité ». Pour lui, c’est une mesure qui appauvrit le petit peuple.

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Face à ce tableau sombre, Jean Rémy Yama a tracé les contours de son combat politique. « C’est pourquoi, le PNTP à travers ma voix refuse de cautionner cette situation de mauvais goût », a-t-il affirmé avec solennité. Son parti réclame désormais une révision constitutionnelle, une refonte du code électoral et s’oppose farouchement à la politique d’austérité qui gèle les recrutements et refuse de régler la dette intérieure aux PME gabonaises.

 

Dans un contexte où le chômage augmente, où les promesses de campagne tardent à se concrétiser et où plane le spectre du népotisme, cette prise de position marque l’émergence d’une voix dissidente dans un paysage politique uniformisé. Jean Rémy Yama a conclu son propos en rappelant son « attachement au bien-être du peuple et au respect de la parole donnée, valeur peu partagée dans l’échiquier politique du régime actuel ».

 

Le message est clair : après deux années de transition, l’heure est au bilan critique et à la résistance politique. Reste à savoir si cette opposition naissante parviendra à fédérer un électorat désenchanté.



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