« Le travailleur gabonais ne peut plus supporter » : Etienne Lambert Boudzanga hausse le ton

Dans la salle accueillante de son siège social à Libreville, Etienne Lambert Boudzanga ne mâche pas ses mots. Le Secrétaire général de la Confédération Syndicale Démocratique du Travail (CSDT) vient de remporter un siège au nouveau Conseil économique, social, environnemental et culturel, mais l’heure n’est pas à la célébration. Devant les journalistes, il dresse un portrait sans concession de la situation économique gabonaise et interpelle directement le pouvoir.

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« Nous n’avons pas rangé la problématique de la vie chère dans les placards », assène-t-il d’emblée. Si la CSDT, présente dans huit provinces sur neuf depuis 2005, a accompagné la transition avec patience et patriotisme, l’homme syndical estime aujourd’hui que la note est trop salée pour les ménages. « Nous avons accompagné la transition, mais nous n’avons pas ressenti exactement les bénéfices de cette transition », lâche-t-il avec une pointe d’amertume.

 

Son bilan de la période transitoire reste « mythique et mitigé », selon ses propres termes. Certes, le chronogramme a été respecté, l’ordre constitutionnel restauré, mais à quel prix pour le citoyen ordinaire? La question de la taxe d’habitation, votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, cristallise toutes les tensions. « C’est une mesure inique et nous les syndicats, nous ne partageons pas ça », martèle Boudzanga, qui n’hésite pas à remettre en cause la légitimité d’un tel vote sans consultation populaire. « Un problème de grande importance comme la taxe sur l’habitation devrait avoir une convocation d’un référendum pour aller au cru du citoyen. »

 

Le dirigeant syndical s’inquiète également de l’apurement des dettes publiques annoncé par le ministre de l’Économie. « Qui supporte cette dette? » interroge-t-il. Derrière la mesure apparemment vertueuse, il redoute une compensation qui pèsera, une fois encore, sur le contribuable. « Le ministre de l’économie doit avoir le courage de poser les actes qui vont dans le sens de pouvoir amener le Gabonais à regarder avec sourire son panier », insiste-t-il, évoquant les PME qui ferment et les licenciements massifs qui s’annoncent.

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Mais c’est sur la question salariale que Étienne Boudzanga frappe le plus fort. Dans le secteur privé, les rémunérations sont figées depuis 2007, rappelle-t-il. « Le travailleur qui est le contribuant ne peut plus continuer à supporter, on dit taux d’impôts tue l’impôt », prévient-il, avant d’ajouter que la réforme paramétrique de la sécurité sociale viendra encore alourdir les cotisations sans améliorer le pouvoir d’achat.

 

Son message au président de la République pour 2026 tient en quelques mots: « Une bonne politique économique. » Il cite l’ancien président: « Faites-moi de la bonne économie, moi je vous ferai de la bonne politique. » Et rappelle la promesse présidentielle des 163 000 emplois. « Nous attendons incessamment ces emplois annoncés par le chef de l’État, parce que c’est ça qui pourra résorber, n’y fût qu’en partie, le phénomène du chômage. »

 

En quittant la salle, Etienne Lambert Boudzanga laisse planer une inquiétude à peine voilée: « Si nous continuons dans ce sens, nous craignons que nous arrivions au pire. » Le syndicaliste promet d’ailleurs une déclaration officielle dans les prochains jours pour préciser la position des travailleurs. Le gouvernement est prévenu: le corps social ne restera pas silencieux.



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