Donner les postes aux structures, pas aux individus » : le credo de Maganga Moussavou pour refonder la fonction publique

Ce vendredi, dans une conférence publique, Pierre Claver Maganga Moussavou, ancien vice-président de la République et figure du Parti socialiste démocratique (PSD), a apporté une analyse glaçante autour du thème « rendre la fonction publique efficace et efficiente pour le développement du Gabon », et présenté des propositions concrètes sur une crise qui paralyse le Gabon : la défaillance totale de sa fonction publique. À travers un diagnostic implacable et une feuille de route détaillée, l’ancien vice-président de la République a pointé du doigt une gestion « archaïque » responsable des grèves à répétition et des salaires impayés pendant des années, et a insisté sur un levier crucial mais trop souvent négligé : le rôle central des gouverneurs de province.

 

IMG 20260206 134439

Le contexte est celui d’un État en souffrance. Depuis des mois, le secteur éducatif est secoué par une grève des enseignants qui réclament le paiement de vacations et la régularisation de carrières gelées depuis dix ans. D’autres ministères, comme celui de la Santé, sont également touchés par des mouvements sociaux. Cette crise n’est pas un accident, mais le symptôme d’un mal profond. « Les grèves dans l’éducation nationale, au niveau du ministère du secteur santé et dans d’autres secteurs sont liées à une gestion archaïque de la fonction publique », a martelé Maganga Moussavou. Il dénonce un système où « des individus qui ont les postes budgétaires ne travaillent pas » tandis que d’autres, présents, « ne bénéficient pas en temps et en heure de l’argent public », une absurdité qui « entraîne des dysfonctionnements et ça entraîne l’inefficacité ».

 

 

Face à ce chaos, l’ancien vice-président ne se contente pas de critiquer. Il propose un changement de paradigme radical, où la réforme passe par une délégation et une responsabilisation accrue des gouverneurs de province. Selon lui, ces derniers doivent cesser d’être de simples relais pour devenir les véritables architectes de la carte administrative de leur territoire. « En même temps que le gouverneur réunit toutes les administrations pour recevoir les besoins en personnel, en même temps, lorsqu’il reçoit les postes budgétaires, il réunit le même personnel pour dire voici la réponse obtenue », explique-t-il.

IMG 20260206 134451

Son modèle est précis : chaque gouverneur doit établir une « carte scolaire, une carte sanitaire, une carte administrative » où chaque école, chaque centre de santé exprime ses besoins réels en personnel. Ces besoins, consolidés, sont remontés aux ministères sectoriels et à la Fonction publique. Une fois les postes budgétaires dégagés par le ministère de l’Économie et des Finances, c’est au gouverneur de les répartir de manière transparente. « Le gouverneur demande, nous avons besoin maintenant du personnel pour occuper… C’est là qu’intervient la fonction publique. C’est là qu’intervient aussi le ministère sectoriel pour dire nous avons des demandes, effectivement, pour affecter les fonctionnaires. »

 

 

Cette logique territoriale vise à mettre fin au système actuel, qualifié de « corruption », où des « fiches bleues » de postes budgétaires s’achètent et se vendent dans les couloirs des ministères, sans lien avec un besoin réel. La proposition phare de Maganga Moussavou est donc de « donner les postes budgétaires aux structures et non plus aux individus ». Concrètement, un poste budgétaire serait créé pour un besoin précis dans une école donnée, et non pour une personne. « Le fonctionnaire qui est affecté sait qu’il a l’argent au trésor quand il arrive. Les documents sont faits. […] Et la personne peut avoir pris son service. On sait qu’à la fin du mois, il aura son salaire. »

 

Pour les crises immédiates, comme celle des vacations des enseignants, il préconise des mesures d’urgence : « arrêter les recrutements des militaires […] et dégraisser le mammouth » pour « parer au plus pressé » et « donner à chacun un salaire ». Il exige aussi une transparence totale sur la rémunération des vacations, pour qu’elles aillent « à ceux qui ont corrigé, mais pas à la technostructure ».

 

 

IMG 20260206 134514

Refusant tout « raisonnement villageois » qui justifierait l’inaction par l’ancienneté des problèmes, Maganga Moussavou lance un avertissement sévère aux autorités actuelles. « S’il ne change pas de façon de gérer, on enlèvera Oligui Nguema, on retrouvera un autre avec les mêmes tâches, ce seront les mêmes problèmes. Parce que nous n’avons pas su adapter notre fonction publique. »

 

Son plaidoyer est un appel à copier les méthodes du secteur privé, à instaurer une gestion par objectifs et à faire de la Fonction publique un véritable outil de développement. « Il faut revoir de fond en comble la gestion de notre administration », a-t-il insisté, car sans cette refondation, le Gabon continuera à « assister à ces errements-là où des enfants attendraient déscolarisés ». Un diagnostic sans concession, qui place la balle dans le camp d’un pouvoir désormais sommé de choisir entre la perpétuation d’un système archaïque et la modernisation urgente de l’État.



Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞

48 thoughts on “Donner les postes aux structures, pas aux individus » : le credo de Maganga Moussavou pour refonder la fonction publique

Comments are closed.