L’intersyndicale des Impôts a tenu ce jour une assemblée générale afin d’informer sa base sur l’évolution de ses revendications et décider de la conduite à tenir. Regroupant quatre organisations syndicales – MSI, SYNAF, Synaï et SPI – la plateforme syndicale entend défendre les intérêts des agents de la Direction générale des Impôts (DGI) tout en préservant la stabilité des finances publiques.
Prenant la parole au nom de l’intersyndicale, son porte-parole, Pamphile Benga Massiya Pamphile, a rappelé qu’un préavis de grève avait été déposé le 20 novembre 2025, faute de réponses satisfaisantes aux préoccupations soulevées auprès des autorités. Un courrier de relance, daté du 21 janvier 2026, n’ayant pas davantage suscité de réaction, les syndicats ont décidé de consulter leur base à travers une assemblée générale.
Des revendications structurelles
Au cœur des revendications figure la reconnaissance du métier d’agent des Impôts à travers l’adoption d’un statut particulier. Depuis la fusion des Contributions directes et indirectes en 2002, les agents affirment ne plus bénéficier d’un cadre statutaire spécifique adapté à leurs missions.
L’intersyndicale réclame également l’adoption d’un décret réorganisant les services fiscaux afin de rapprocher l’administration des contribuables par la création de centres et bureaux d’impôts sur l’ensemble du territoire national. Selon les responsables syndicaux, cette réforme permettrait d’améliorer la collecte des recettes et de renforcer la discipline fiscale.
Autre point sensible : les conditions de travail. Les agents dénoncent le manque de moyens logistiques, notamment l’absence de véhicules de service, obligeant certains inspecteurs à effectuer des missions de contrôle avec leurs propres véhicules, leur carburant et leurs crédits téléphoniques. À cela s’ajoute le non-paiement, depuis janvier, de la Prime à la performance budgétaire (PPB), qui concerne l’ensemble des régies financières.
L’intersyndicale a tenu à rappeler que la Direction générale des Impôts joue un rôle central dans la sécurisation des recettes publiques et la protection des droits des contribuables. Elle souligne que la fiscalité participe pleinement à la sécurité nationale, notamment à travers la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.
Pour les syndicats, fragiliser les Impôts reviendrait à fragiliser l’État lui-même, dans la mesure où les recettes fiscales constituent le socle du financement des politiques publiques.
À l’issue d’une rencontre avec le ministre de tutelle, des engagements auraient été pris pour examiner les revendications prioritaires. Un délai courant jusqu’au 5 avril a été accordé afin de permettre au gouvernement de proposer des solutions concrètes, notamment sur les urgences financières et administratives.
Dans cette attente, l’intersyndicale affirme privilégier la responsabilité et le dialogue. « Notre objectif n’est pas de paralyser l’État, mais d’obtenir des solutions », a déclaré son porte-parole, rappelant que le droit de grève reste encadré par la loi.
En optant pour une stratégie graduée plutôt qu’une cessation immédiate de travail, les syndicats disent vouloir éviter toute perturbation susceptible d’affecter les recettes publiques et, par ricochet, le fonctionnement des autres services de l’État.
La balle est désormais dans le camp des autorités, attendues au tournant par des agents déterminés, mais décidés à donner une chance aux négociations.
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