Elles étaient là, ce samedi 4 avril à Angondjé, réunies dans la salle de fête l’Oasis, non pour une célébration ordinaire, mais pour un exercice de vérité. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, célébrée avec un léger différé, la deuxième édition du « Parlement Rose » a pris des allures de tribune judiciaire. Autour d’un thème qui claque comme un avertissement – « Le silence protège l’agresseur et la dénonciation légale libère la victime » – magistrats, ministres, parlementaires et acteurs associatifs ont ausculté ce mal qui ronge les consciences : l’omertà face aux violences faites aux femmes.

Dans ce cénacle mixte et inclusif, la secrétaire générale du Salon de la Femme, Endelle Olliang Josephate, a posé d’emblée le ton. « Le silence n’est pas une solution, mais une complicité involontaire », a-t-elle martelé, avant de saluer une assistance dont la présence seule, selon elle, « témoigne de l’importance collective accordée à la cause des droits des femmes ». Un préambule qui n’avait rien de convenu, tant les intervenants suivants allaient dépoussiérer les idées reçues.


Car la présidente du Salon de la Femme, Sidonie Flore Ouwé, ne s’est pas arrêtée aux généralités. « Sans parole, il n’y a pas d’action. Sans dénonciation, il n’y a ni justice, ni protection effective », a-t-elle asséné, rappelant que l’agresseur non dénoncé peut toujours recommencer, que les violences sont multiples – physiques, économiques, sociales – et qu’elles peuvent émaner aussi bien d’hommes que de femmes. Sa démonstration a pris des allures de cours de droit vécu : « Sur 144 cas connus par le Salon de la Femme, nous avons eu 144 solutions. » Une statistique qui en dit long sur l’efficacité de la parole libérée. Mieux encore, selon elle, les magistrats n’exigent pas toujours des preuves irréfutables dès la plainte, et une décision d’éloignement peut intervenir « en une semaine, voire deux ou trois jours ». De quoi déconstruire un à un les prétextes – peur, stigmatisation, dépendance économique – que les victimes opposent trop souvent au silence.



La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, n’a pas mâché ses mots. « La conséquence de l’ignorance, c’est souvent la mort – physique, émotionnelle ou sociale », a-t-elle lancé, avant de rappeler une évidence trop souvent oubliée : « On ne supporte pas au péril de sa vie. » S’appuyant sur une lecture biblique inattendue, elle a défendu l’égalité originelle entre l’homme et la femme, concluant que les femmes ne sont « pas là pour le divertissement, mais ce sont des bâtisseuses ». Une intervention qui a électrisé l’assistance.



Les échanges ont également mis au jour des dysfonctionnements criants. Pourquoi, par exemple, exiger d’une famille éplorée qu’elle produise elle-même une autopsie, alors que cette tâche revient au procureur ? Pourquoi faire payer un tel document à des proches déjà frappés par la perte d’un des leurs ? L’assemblée a aussi relevé que trop de victimes portent plainte dans un seul objectif pécuniaire – réparation financière, astreinte, amende – plutôt que pour un motif psychologique ou une quête de justice. Un biais qu’il faudra déconstruire.


Du côté des institutions, la représentante de la ministre de la Défense, Mme Ambourouet, visiblement émue, a plaidé pour une appropriation des outils juridiques existants, tandis que la représentante de la présidente du Sénat a martelé qu’« une femme ignorante ne peut pas avancer ». Un ancien sénateur, défenseur des droits de l’homme, a proposé de relancer des émissions de sensibilisation comme « Ton droit et mon droit » et de revenir aux valeurs culturelles du « respect de la dignité humaine ».

Enfin, Chérie Yoni Tsango Ngoussi, présidente du Ladies club for leadership and development, a lancé un appel vibrant pour un numéro vert dédié à la protection des enfants, prévenant : « Les enfants détruits aujourd’hui deviendront les adultes de demain porteurs de dérives. »


Au terme des débats, une promesse a été prise : le rapport de cette assise sera déposé au Parlement gabonais et aux instances nationales de lutte contre les violences faites aux femmes. Avant de se disperser autour d’une collation et d’ateliers juridiques et psychologiques, l’assistance a retenu une leçon, résumée par Sidonie Flore Ouwé : « Refusons que le silence soit une arme contre les victimes. Faisons de la dénonciation légale un bouclier de justice. » Reste à savoir si les murs de l’Oasis, ce jour-là, ont suffisamment porté la voix pour qu’elle ne retombe plus jamais.
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