Ce mercredi, dans les locaux de la juridiction financière, une effervescence inhabituelle régnait. À quelques jours de la cérémonie solennelle prévue ce jeudi 16 juillet 2026, le président de la Cour des comptes, Fawzi Rekeb, a dévoilé avec une certaine solennité les grandes innovations qui vont bouleverser le fonctionnement de l’institution. Il l’a dit d’emblée : l’objectif est de « donner les outils nécessaires à la mise en place d’une gouvernance financière totalement transparente et performante, en phase avec les exigences de la Ve République ». Sous les projecteurs, l’annonce a été celle d’une véritable transformation, portée par deux piliers fondamentaux : le « Plan stratégique 2026-2030 » et l’adoption d’un « Code de déontologie » qui vient sceller un engagement moral sans précédent.
Derrière ces noms aux allures techniques se cache une réorganisation profonde de l’institution, touchant aussi bien ses effectifs que sa doctrine d’action. Le renforcement des capacités des ressources humaines est l’un des fers de lance de cette mue. Le président Rekeb a insisté sur la nécessité absolue de muscler les compétences de ses équipes, avec la création annoncée d’une véritable académie de formation. Mais l’innovation ne s’arrête pas là : un nouveau département dédié au contrôle de gestion verra le jour, tandis qu’une coordination renforcée avec la Banque centrale permettra d’élargir le spectre des investigations et d’assurer une gestion plus harmonieuse des finances publiques. Une réponse technique et humaine aux « dysfonctionnements persistants » que le premier responsable entend éradiquer.
L’annonce qui a suscité le plus de réactions dans l’assistance concerne néanmoins le rapport si particulier qu’entretient la Cour avec les collectivités locales. Les rapports émanant de la haute juridiction sont souvent mal perçus dans les mairies et conseils départementaux, perçus comme des missives austères, voire des sanctions. Le président, pourtant, a su trouver les mots pour apaiser les tensions tout en restant inflexible sur le fond. « Nous n’allons pas lâcher prise au niveau des collectivités locales », a-t-il déclaré avec fermeté, avant d’ajouter que la priorité était désormais de « répondre aux inquiétudes » par une information plus claire et une pédagogie renforcée, plutôt que par une attitude rigide et punitive.
Cette feuille de route pour 2030 dessine les contours d’une juridiction en mutation, qui ambitionne de sortir de son image d’instance austère pour s’imposer comme le partenaire éclairé de la nation. Le défi est de taille, entre la gestion des crises multiples que le pays traverse et la modernisation des outils informatiques nécessaires à une analyse toujours plus fine. Fawzi Rekeb a d’ailleurs conclu son point de presse sur une note d’optimisme résolu, en évoquant sa vision d’une Cour « qui ne se contente plus d’auditer le passé, mais qui accompagne l’État vers un futur plus vertueux ». Une promesse de renouveau qui engage la justice financière dans une nouvelle ère, où la transparence et la proximité doivent enfin rimer avec efficacité.
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