Tournée du maire de Libreville dans le 5e arrondissement : entre salubrité défaillante et chantiers en progrès 

Il est un peu plus de 8 heures lorsque le cortège officiel se gare devant les grilles de la mairie du 5ᵉ arrondissement. Ce lundi 14 juillet 2026, le ciel de la capitale, d’un bleu timide, assiste à une scène désormais récurrente sous le mandat d’Eugène M’BA : la sortie de l’hôtel de ville pour une immersion totale dans le quotidien des quartiers. L’édile de Libreville, en costume sombre et regard alerte, pose le pied sur un terrain qu’il connaît bien, mais qu’il veut chaque jour plus proche, plus vivant, plus écouté.

 

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La visite démarre dans les entrailles administratives du 5ᵉ arrondissement. Le maire d’arrondissement, guide attentif, déroule le fil des services municipaux devant son supérieur hiérarchique. Ici, on évoque la vétusté de certains équipements ; là, on salue l’opiniâtreté des agents qui, malgré des moyens contraints, maintiennent la flamme du service public. Dans un couloir aux murs décrépis mais où règne une discipline de fer, une employée confie, à voix basse, l’espoir que cette visite ne reste pas une simple formalité. Eugène M’BA, lui, prend des notes, interroge, écoute. Son regard traverse les dossiers, s’arrête sur les affichages de l’état civil, s’attarde sur les plannings des chantiers techniques. La tournée ne fait que commencer.

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La salle des mariages, aux allures de sanctuaire républicain, offre bientôt son cadre solennel à une séance d’échanges nourrie. Autour de la longue table, les responsables administratifs et les représentants du personnel exposent, sans détour, leurs préoccupations quotidiennes : l’urgence des réparations, la nécessité de renforcer les effectifs, la lourdeur des procédures. Le premier magistrat de la commune, le buste légèrement penché en avant, capte chaque mot avec une intensité rare. Lorsqu’il prend la parole, sa voix porte, calme et ferme : « Je ne suis pas venu pour entendre ce que je sais déjà, mais pour mesurer ce que nous devons encore bâtir ensemble. Chaque remarque que vous formez est une pierre ajoutée à notre chantier commun. » Il promet alors un examen minutieux de ces doléances avec ses adjoints, une feuille de route ajustée aux priorités du terrain.

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Mais la parole ne saurait suffire. C’est dans l’air moite de la rue que la réalité municipale exhale ses vérités les plus crues. À quelques encablures de la mairie, près du commissariat de police et de la maison de pompes funèbres, le cortège s’immobilise devant des caniveaux engorgés où stagnent des eaux noires mêlées à des dépôts sauvages d’immondices. L’odeur âcre monte, implacable, tandis que les badauds observent, entre lassitude et espoir. Le maire s’accroupit un instant, constate l’encombrement, puis se redresse. « La salubrité n’est pas un luxe, c’est une dignité. Ces axes doivent être dégagés, et nous y veillerons sans délai, » lance-t-il à ses collaborateurs, le ton empreint de cette détermination qui le caractérise.

 

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La délégation reprend la route, direction le Golf et le petit carrefour Acaé. Là, le regard change, s’adoucit presque. Les travaux d’aménagement urbain sur l’axe Bel-Air–Saint-Joseph, au quartier Lalala, offrent un contraste saisissant avec les zones sinistrées visitées plus tôt. Le bitume neuf luit sous le soleil, les trottoirs se dessinent, les bordures rectilignes témoignent d’une exécution soignée. L’entreprise MIKA SERVICE, dont les engins sont encore à l’œuvre, semble respecter les engagements pris. Sur le carrefour Damas Petit Marché, puis sur l’axe Plein Ciel, le maire inspecte, approuve du menton, interpelle un chef de chantier : « Le calendrier est-il tenu ? Les riverains sont-ils informés des étapes ? » La réponse fuse, rassurante, et l’édile glisse un sourire en coin à son directeur de cabinet.

 

Au fil de cette déambulation méthodique, une évidence s’impose : Libreville est une ville en mutation, tiraillée entre ses fragilités chroniques et l’élan d’une modernité qu’on lui impose avec constance. Le maire ne se fait pas d’illusion sur l’ampleur du chantier, mais il sait que chaque axe réhabilité, chaque agent écouté, chaque promesse tenue tisse la trame d’un pacte renouvelé avec les administrés. À l’heure où la délégation regagne ses véhicules, une habitante du quartier Plein Ciel, les mains encore empreintes de farine, lance à la cantonade : « Si seulement on pouvait voir ça partout dans la ville, on reprendrait confiance. » La phrase voltige, légère, comme un espoir que cette première étape, à n’en pas douter, vient de fertiliser.

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La tournée des arrondissements ne fait que s’amorcer, mais elle a déjà posé ses jalons : sur les lèvres des agents, une reconnaissance prudente ; dans le regard du maire, une volonté inflexible de poursuivre le labeur ; et dans l’air de la capitale, ce parfum discret mais tenace du changement en marche. Libreville, entre défis et promesses, continue d’écrire son histoire, au rythme des pas de son premier édile sur le macadam brûlant de ses quartiers.



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