COP RÉSOC : l’éveil d’une nouvelle force citoyenne

Au cœur du débat démocratique gabonais, une voix s’élève pour sonner le glas de l’improvisation et inaugurer l’ère de la structuration. En s’appuyant sur l’article 7 de la Constitution du 19 décembre 2000, Frédéric Mba Bibang a lancé au cours d’une conférence de presse, ce vendredi, un chantier d’une envergure inédite : la refondation totale de la société civile nationale. Pour cet acteur engagé, la société civile n’est pas qu’un simple observateur, mais une « composante de l’expression démocratique pluraliste et participative » qui doit impérativement peser sur le développement économique, social et environnemental du pays. Pourtant, malgré un activisme quotidien sur le front des droits humains et de la biodiversité, le constat dressé est lucide, presque sévère : l’influence réelle de ces organisations reste bridée par des maux structurels profonds.

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Le diagnostic posé par Frédéric Mba Bibang ne laisse place à aucune ambiguïté. « Notre société civile souffre aujourd’hui d’un profond déficit de structuration », a-t-il martelé lors de son intervention, déplorant des initiatives trop souvent dispersées et un cadre juridique devenu « obsolète ». Ce manque d’ancrage institutionnel unifié est perçu comme une fragilité majeure, tant face aux pouvoirs publics qu’aux partenaires internationaux. C’est de cette volonté de rupture avec le statu quo qu’est né le Comité de pilotage pour la restructuration de la société civile gabonaise, plus connu sous l’acronyme COP Résoc. L’objectif est clair : transformer ce réseau associatif et syndical en un « interlocuteur fort, crédible, représentatif et incontournable » à travers un processus de refondation qui s’étalera sur les dix-huit prochains mois.

 

La stratégie du COP Résoc repose sur une feuille de route rigoureuse, articulée autour de cinq piliers fondamentaux destinés à sortir la société civile de son atomisation actuelle. Le premier acte de cette mue historique sera la réalisation d’une cartographie exhaustive et d’un état des lieux méthodique de toutes les organisations présentes sur le territoire national. Cette base de données sera le socle sur lequel s’appuiera le deuxième pilier : le déploiement institutionnel. Frédéric Mba Bibang entend porter une voix « ferme et structurée » auprès des autorités pour l’adoption d’une nouvelle loi sur la société civile, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Il ne s’agit plus de bricoler des solutions temporaires, mais de graver dans le marbre juridique l’autonomie et la légitimité de l’action citoyenne.

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Le renouvellement ne saurait être complet sans une profonde introspection éthique. Le troisième pilier du projet vise ainsi la rénovation du cadre organisationnel par l’adoption d’une charte d’éthique et de mécanismes de gouvernance garantissant une transparence totale. L’enjeu est également financier, avec la recherche de leviers de financement « pérennes et autonomes » pour libérer les associations des dépendances qui entravent leur liberté de parole. Mais cette restructuration se veut avant tout inclusive. Le quatrième pilier promet de ne laisser « personne sur le bord du chemin », en organisant des concertations régionales qui impliqueront les chefs traditionnels, les mouvements de jeunes et de femmes, ainsi que les syndicats.

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L’aboutissement de cette odyssée institutionnelle sera le rassemblement national, ultime pilier du projet, qui verra la tenue des États généraux de la société civile gabonaise. Ce moment de vérité débouchera sur l’installation de nouvelles instances dirigeantes, démocratiquement établies et dotées d’une légitimité incontestable. Pour Frédéric Mba Bibang, ce chantier est bien plus qu’une simple réforme administrative ; c’est une « responsabilité historique » qui incombe à tous. Il appelle ses pairs à dépasser les « querelles intestines » et à taire les divisions pour bâtir une force d’impact moderne, exclusivement dévouée au service des citoyens.

 

S’adressant directement aux autorités et aux partenaires techniques, l’initiateur du COP Résoc a réaffirmé sa volonté de bâtir un « partenariat constructif, exigeant et républicain », fondé sur le respect mutuel et l’intérêt général. L’appel est également lancé aux partenaires financiers pour accompagner cette transformation qui promet une efficacité accrue et une transparence renforcée dans les actions communes.

Le message est donc une exhortation à l’action immédiate. Pour Frédéric Mba Bibang, « le temps des hésitations est révolu ». Le Gabon se trouve à la croisée des chemins, et seule une société civile forte, responsable et indépendante pourra nourrir sa démocratie et porter son développement socio-économique. Le travail, désormais, commence réellement.



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