Trafic d’ivoire : deux présumés trafiquants interpellés à Libreville

Deux ressortissants gabonais ont été interpellés le 31 juillet dernier à Libreville, lors d’une opération conjointe menée par l’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire (PJ), avec l’appui de l’ONG Conservation Justice (CJ). Les suspects ont été arrêtés alors qu’ils étaient en possession de quatre pointes d’ivoire et d’une queue d’éléphant.

Selon Conservation Justice, l’opération s’est déroulée dans un quartier de Libreville, où les deux individus ont été pris en flagrant délit de détention et de tentative de commercialisation illégale de produits issus d’un éléphant, une espèce intégralement protégée au Gabon.

Les deux hommes ont été placés en garde à vue dans l’attente de leur présentation devant un magistrat. Ils sont susceptibles de faire l’objet de poursuites judiciaires pour des faits liés à la détention, au transport et à la commercialisation illégale d’ivoire. D’après l’ONG, les infractions concernées sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement, assorties d’une amende pouvant atteindre cinq fois la valeur des produits saisis, conformément aux dispositions des articles 390 et 398 du Code pénal gabonais.

Des failles dans le contrôle des produits de faune

Cette nouvelle saisie met également en évidence les difficultés persistantes liées au contrôle de la circulation des trophées de faune sauvage à travers le territoire national. Selon Conservation Justice, certains produits issus du braconnage peuvent transiter d’une province à une autre avant d’atteindre les circuits de commercialisation, profitant ainsi des failles des dispositifs de contrôle.

Pour l’ONG, la lutte contre le trafic d’ivoire nécessite donc un renforcement des contrôles, mais également une meilleure coordination entre les différents services impliqués dans la protection de la faune.

Le conflit homme-éléphant comme argument détourné

Luc Mathot, directeur de Conservation Justice, estime que la problématique du conflit homme-éléphant peut parfois être instrumentalisée par des réseaux de braconniers et de trafiquants.

« Sous couvert du conflit homme-éléphant, qui constitue une problématique majeure au Gabon, certains braconniers et trafiquants organisent l’abattage d’éléphants et la commercialisation de leur ivoire », déclare-t-il.

Le responsable de CJ affirme par ailleurs que l’un des suspects interpellés serait impliqué dans l’abattage d’au moins six éléphants et aurait tenté de tromper les services de l’administration des Eaux et Forêts. Ces éléments devront toutefois être établis dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Cette interpellation rappelle l’importance de la coopération entre les services de l’État et les organisations spécialisées dans la conservation de la biodiversité. Elle intervient alors que la protection des éléphants et la lutte contre le trafic de leur ivoire demeurent des enjeux majeurs pour la préservation du patrimoine naturel gabonais.




Assistant Edu Gabon