Nyanga : Jonathan Ignoumba répond aux accusations sur les 7 milliards de FCFA et défend son bilan agricole

LIBREVILLE, 18 août 2026 (Gabon Infos) – Mis en cause sur les réseaux sociaux dans le cadre de la gestion d’une enveloppe de 7 milliards de francs CFA destinée à la province de la Nyanga, l’ancien ministre et ancien responsable politique dans la province, Jonathan Ignoumba, a livré sa version des faits au cours d’un entretien accordé à Gabon Infos. Il réfute toute implication dans un quelconque détournement et appelle à la production de preuves face aux accusations diffusées en ligne.
Selon Jonathan Ignoumba, l’enveloppe de 7 milliards de francs CFA avait été destinée au financement de projets identifiés comme prioritaires dans les différents départements de la Nyanga.

Il affirme que son rôle n’était pas de gérer directement les fonds affectés à chaque département, mais principalement de centraliser les informations relatives aux projets et de transmettre les éléments à la Présidence de la République.
Des projets identifiés au niveau local
L’ancien ministre explique qu’une répartition des financements avait été effectuée entre les différents départements de la province. Les populations, à travers des structures locales, étaient appelées à identifier leurs priorités.

Jonathan Ignoumba apporte toutefois une précision concernant le projet de centre de pêche prévu à Mayumba. Selon lui, ce projet ne relevait pas de l’enveloppe des 7 milliards de francs CFA destinée aux différents départements de la Nyanga. Il devait être financé dans le cadre d’une autre enveloppe spécifique du ministère de la Pêche.

Cette distinction expliquerait, selon l’ancien ministre, pourquoi le département de la Basse-Banio, dont le chef-lieu est Mayumba, n’avait pas bénéficié du milliard de francs CFA attribué aux autres départements. Les ressources devant être mobilisées pour Mayumba étaient destinées au financement du centre de pêche, considéré comme un projet structurant pour le développement de l’activité halieutique locale.

« Le principe était simple : les populations identifiaient les besoins, les comités locaux assuraient le suivi et les entreprises locales étaient sollicitées pour réaliser les travaux », explique-t-il.
Jonathan Ignoumba précise également que la validation finale des projets relevait de la Présidence de la République.

« Il faut apporter des preuves »

Réagissant directement aux accusations de détournement qui circulent sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre se veut catégorique. Il affirme avoir saisi son avocat au sujet de certaines accusations qu’il juge graves et diffamatoires.
Il rejette notamment les allégations selon lesquelles il aurait utilisé une partie des fonds pour acquérir des véhicules à des fins personnelles.
« Ces accusations sont graves et il faut apporter des preuves », estime-t-il, appelant à distinguer les différents financements qui auraient pu être mobilisés pour la province.
L’ancien responsable politique affirme par ailleurs ne pas pouvoir se prononcer sur d’éventuelles enveloppes supplémentaires liées à certaines opérations intervenues après son départ de ses fonctions, notamment dans le cadre des célébrations du 30 août.

Des chantiers confrontés à plusieurs difficultés

Interrogé sur l’état de certains chantiers demeurés inachevés, Jonathan Ignoumba avance plusieurs facteurs, parmi lesquels l’évolution des coûts, les évaluations initiales et la fiscalité.
Il souligne également la nécessité de respecter les engagements contractuels pris avec les entreprises.
Selon lui, les instructions données à l’époque privilégiaient le recours aux entreprises locales, notamment celles appartenant aux ressortissants de la province.
Une orientation qui, estime-t-il, devait permettre d’impliquer davantage les populations dans la réalisation des projets.
L’ancien ministre reconnaît toutefois que certains dispositifs de suivi n’avaient pas bénéficié d’un budget suffisamment conséquent. Il affirme avoir, dans certains cas, pris personnellement en charge des déplacements destinés à permettre aux équipes de vérifier l’état d’avancement des travaux.

SAEG : une ambition de relance agricole

Autre sujet abordé au cours de l’entretien : la dissolution de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG), créée alors que Jonathan Ignoumba était ministre de l’Agriculture.
L’ancien membre du gouvernement défend la vision qui avait conduit à la création de cette structure, destinée selon lui à constituer un outil opérationnel pour relancer durablement le secteur agricole gabonais.
Il rappelle que plusieurs investissements avaient alors été engagés, notamment dans les bases-vie, les logements, les écoles et divers bâtiments, ainsi que dans l’acquisition de véhicules, motos, camions et autres équipements lourds nécessaires aux activités agricoles.
Jonathan Ignoumba dit toutefois regretter l’interruption de certains travaux alors qu’ils étaient déjà à un stade avancé.
Sans vouloir polémiquer sur la nouvelle orientation prise par les autorités, il assure souhaiter la poursuite des projets engagés dans le secteur agricole.

Un soutien au président Oligui

Nguema, mais pas « sans réserve »

Sur le terrain politique, Jonathan Ignoumba réaffirme son soutien au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, tout en revendiquant le droit de formuler des observations lorsque certaines décisions lui paraissent perfectibles.
« Soutenir le Président ne signifie pas être d’accord avec tout », fait-il valoir.

S’agissant de la représentation politique au Parlement, l’ancien ministre estime que la composition des bureaux des chambres doit refléter la configuration politique issue des élections et tenir compte du poids des différentes composantes représentées.
Il appelle également à la prudence dans l’interprétation des textes régissant le statut des parlementaires, notamment lorsqu’un titulaire est empêché.

« Il ne faut pas inventer des règles qui ne figurent pas dans la loi », soutient-il, plaidant pour une meilleure application des textes, dans l’affaire du sénateur Pascal Ogowé Siffon.

Appel à la responsabilité sur les réseaux sociaux

En conclusion, Jonathan Ignoumba a appelé à davantage de responsabilité dans l’utilisation des réseaux sociaux et dans la diffusion des accusations.
Il affirme réfuter totalement les accusations portant sur un détournement de fonds ou une vente irrégulière de véhicules. Selon lui, les véhicules évoqués appartenaient à son cabinet et étaient destinés au fonctionnement de ses services.
L’ancien ministre insiste enfin sur les conséquences humaines des accusations diffusées publiquement.

« Je suis père de famille. Lorsque des accusations sont diffusées sur les réseaux sociaux, ce sont aussi nos enfants qui les voient et qui en souffrent », souligne-t-il.
Pour Jonathan Ignoumba, les éventuels différends doivent être traités dans le cadre des procédures judiciaires plutôt que par des accusations publiques non étayées.

Cet entretien intervient alors que la gestion des fonds destinés au développement de la Nyanga fait l’objet de nombreuses interrogations sur les réseaux sociaux. Les explications de l’ancien ministre constituent ainsi sa réponse aux accusations dont il dit faire l’objet, sans préjuger des éventuelles vérifications administratives ou judiciaires qui pourraient établir la traçabilité des financements et l’état d’exécution des différents projets.




Assistant Edu Gabon

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