Quatre personnes ont été interpellées le 12 août dernier à Libreville alors qu’elles étaient en possession d’un bébé chimpanzé qu’elles auraient tenté de vendre illégalement, selon les informations communiquées par l’administration des Eaux et Forêts, la Police judiciaire (PJ) et l’ONG Conservation Justice.
Âgé d’environ neuf mois, le jeune chimpanzé a été retrouvé lors d’une opération menée conjointement par les services compétents, avec l’appui de Conservation Justice. Parmi les quatre personnes interpellées figurent deux femmes âgées de 31 et 51 ans.
Les mis en cause ont été auditionnés le même jour. Le principal suspect a, pour sa part, été maintenu en garde à vue dans le cadre de la procédure judiciaire.
Un animal intégralement protégé
Le chimpanzé est une espèce intégralement protégée au Gabon. Sa détention et sa commercialisation sont donc interdites par la législation en vigueur.
Selon les éléments communiqués, le jeune primate aurait déjà fait l’objet d’une transaction dans un passé récent, pour un montant de 350 000 francs CFA. Les autorités cherchent notamment à établir les circonstances dans lesquelles l’animal a été capturé, détenu puis proposé à la vente.
Les personnes interpellées pourraient être poursuivies sur la base des dispositions du Code forestier et des textes réglementaires relatifs à la protection de la faune. Les sanctions prévues peuvent notamment comprendre une peine d’emprisonnement et une amende, selon la qualification retenue par les autorités judiciaires.
Le chimpanzé transféré au parc de la Lékédi
Après son sauvetage, le bébé chimpanzé a été transféré, avec l’appui de l’association Gabon Untouched, vers le Parc de la Lékédi, géré par la Fondation Lékédi Biodiversité et membre de la Pan African Sanctuary Alliance (PASA).
Le transfert doit permettre à l’animal de bénéficier d’une prise en charge adaptée dans un environnement spécialisé pour les animaux sauvages victimes du trafic.
Pour les acteurs de la conservation, les sanctuaires jouent ainsi un rôle essentiel dans la récupération, les soins et la réhabilitation des animaux issus du trafic de faune sauvage.
Des risques également pour la santé humaine
Au-delà de la question de la protection de la biodiversité, la détention de primates sauvages présente également des risques sanitaires. Le directeur du Parc de la Lékédi, Éric Willaume, rappelle notamment que les chimpanzés peuvent être porteurs de maladies transmissibles à l’être humain.
La manipulation et la captivité de ces animaux peuvent également entraîner des accidents, notamment en raison de leur force et de leur comportement qui peut devenir agressif à mesure qu’ils grandissent.
Les autorités et les organisations de conservation appellent ainsi les personnes qui détiendraient illégalement des animaux intégralement protégés à les remettre aux services des Eaux et Forêts, afin de permettre leur prise en charge dans des structures adaptées.
Cette nouvelle interpellation vient rappeler la persistance du trafic de faune sauvage au Gabon et la nécessité de renforcer la lutte contre la capture, la détention et la commercialisation des espèces protégées.
