La Cour constitutionnelle poursuit ses opérations de vérification des données issues du Recensement général de la population et des logements (RGPL). Dans l’Ogooué-Ivindo et le Woleu-Ntem, les délégations dépêchées sur le terrain ont multiplié les auditions, les échanges avec les autorités locales et les contrôles de proximité afin de confronter les chiffres transmis à la Haute Juridiction aux réalités démographiques observées dans les différentes localités.
Dans l’Ogooué-Ivindo, la mission conduite par la juge constitutionnelle Solange Marthe GUIAKIE a couvert plusieurs secteurs des départements de l’Ivindo, de la Zadié, de la Lopé et de la Mvoung. De Makokou à Mékambo, en passant notamment par Booué et Ovan, les membres de la délégation ont rencontré des responsables administratifs, des élus locaux ainsi que des chefs de quartiers, de regroupements et de villages.
Ces échanges ont permis de recueillir des informations sur le déroulement des opérations de recensement. Si les équipes ont relevé une présence effective des opérations dans les zones visitées, elles ont également été confrontées à plusieurs contraintes liées notamment à l’accessibilité de certaines localités, à la couverture territoriale et à la disponibilité des éléments permettant de retracer avec précision les opérations de dénombrement.
La question de la traçabilité des données apparaît ainsi comme un enjeu majeur. Pour la Haute Juridiction, il ne s’agit pas uniquement de constater que le recensement a été réalisé, mais également de pouvoir établir un lien suffisamment documenté entre les chiffres communiqués et les ménages et logements effectivement recensés.
Le Woleu-Ntem également passé au crible
Dans le Woleu-Ntem, la même démarche a été engagée sous la conduite du juge assistant Jean-Christophe NZE BITEGHE. La délégation s’est rendue dans plusieurs départements, notamment le Woleu, le Ntem, le Haut-Ntem et l’Okano.
Des passages à Oyem, Bitam, Minvoul et Mitzic ont notamment permis aux membres de la mission d’échanger avec les autorités administratives et les différents relais locaux. Comme dans l’Ogooué-Ivindo, l’objectif était de confronter les informations disponibles aux réalités constatées directement sur le terrain.
Les premiers constats font ressortir une situation globalement similaire : les opérations de recensement ont été perceptibles dans les zones visitées, mais leur évaluation reste étroitement liée aux réalités géographiques, à l’accessibilité de certaines zones, à la qualité des informations collectées et à la capacité à documenter les opérations réalisées.
Vérifier avant de valider
Au-delà des particularités propres aux deux provinces, les missions de la Cour constitutionnelle répondent à une même exigence : s’assurer que les données statistiques correspondent effectivement aux réalités démographiques observables.
Cette démarche permet à la Haute Juridiction d’aller au-delà d’un simple examen des chiffres. Les magistrats cherchent également à comprendre les conditions dans lesquelles ces données ont été collectées, leur degré de cohérence et les éventuelles difficultés rencontrées lors du processus de dénombrement.
La vérification de terrain constitue donc une étape importante avant l’appréciation définitive des résultats du RGPL. En confrontant les données administratives aux témoignages des acteurs locaux et aux réalités observées dans les différentes localités, la Cour constitutionnelle entend disposer d’éléments suffisamment solides pour apprécier la fiabilité et la régularité des données qui lui ont été soumises.
Au terme de cette opération, l’enjeu sera de déterminer dans quelle mesure les chiffres issus du RGPL reflètent fidèlement la réalité démographique du Gabon.
