Au terme de quatre journées d’une intensité exceptionnelle, le rideau est tombé ce samedi 19 septembre sur la sixième édition du Salon des métiers de l’audiovisuel (SAMEAU). Événement majeur pour le secteur créatif national, ce salon a réuni 120 professionnels et 50 étudiants venus interroger les perspectives de la création gabonaise. La cérémonie de clôture a magistralement apporté la preuve de la nécessité d’interconnecter l’innovation numérique au patrimoine culturel local. L’objectif partagé par l’ensemble des intervenants est clair : faire émerger de véritables industries audiovisuelles ancrées dans l’identité du pays, capables de valoriser ses richesses immatérielles.

La cérémonie a débuté par la remise des prix du concours photographique SAMEAU Shoot. Le Prix du public a récompensé Guelor Oyaba, un photographe amateur de Libreville pour son œuvre consacrée au « Moukoukoué », symbole de la mémoire collective, remis par le photographe officiel de la Présidence.
Le Prix de la jeunesse est revenu à Mékina Samuel Junior pour son cliché de l’instrument traditionnel « Obaka », tandis que le Prix de l’innovation a honoré Moustaraf et le Prix Mémoire nationale Judicaël Ngoma.


Prenant la parole au nom du ministère de tutelle, le directeur de cabinet Andy Nziengui a dressé un constat inspirant devant une assistance attentive. Mettant en garde contre la facilité, il a rappelé qu’un peuple ne saurait progresser par simple mimétisme : « On ne peut pas continuer à se développer par imitation ». Citant le penseur Frantz Fanon, il a évoqué l’exigence morale qui pèse sur la jeunesse : « Chaque génération dans une relative opacité doit choisir sa mission, la trahir ou la réussir ».

Pour le responsable gouvernemental, la priorité réside dans la transmission culturelle appuyée par la modernité : « Notre génération a une responsabilité : préserver la mémoire qui nous a été confiée, la faire vivre, la transmettre aux générations futures ». Il a souligné que la technologie et l’intelligence artificielle doivent impérativement rester au service de l’humain et de notre identité.

Cette vision ambitieuse s’est traduite par des engagements concrets en faveur de la jeunesse. Répartis à travers les neuf provinces du pays, les séminaristes formés ont démontré leur capacité à raconter le Gabon et à valoriser son patrimoine. Consciente que l’apprentissage doit se prolonger dans la vie active, l’administration publique s’est engagée à offrir des stages au sein des structures étatiques aux profils prometteurs.

Cette initiative crée un pont concret entre la formation théorique et l’insertion professionnelle. Concluant son intervention, le directeur de cabinet a rappelé la pensée de Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». Il a exhorté les jeunes à préserver cet héritage tout en ouvrant grand les portes à l’innovation.

Dans les ateliers, l’enthousiasme des participants témoignait de l’impact profond des enseignements dispensés. Un séminariste de l’atelier de journalisme a exprimé la gratitude collective en insistant sur l’éthique du métier : « Vous nous avez appris que le journalisme ce n’est plus une vedette de la radio ou de la télévision. Vous nous avez rappelé à travers la charte de Munich de 1971 que notre premier devoir est de respecter la vérité et la retransmettre ».

De son côté, Nicolas Mihindou, agent à l’Agence gabonaise de presse, s’est réjoui de son initiation aux outils émergents : « Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la découverte de l’intelligence artificielle notamment à travers la création de mon propre assistant IA… Je suis venu apprendre et je repars avec des connaissances, des outils et surtout l’envie de continuer à apprendre ».

L’excellence des travaux s’est également illustrée dans l’atelier de communication institutionnelle. Sophie Avome a résumé la portée stratégique des acquis : « Communiquer ne se limite pas à transmettre un message, c’est aussi savoir construire son image, valoriser son identité et transmettre efficacement sa vision ».

Alors que les lampions s’éteignent sur cette édition réussie, organisateurs et participants se tournent résolument vers l’avenir. Les séminaristes ont appelé à mobiliser davantage de partenaires financiers et institutionnels pour accompagner la montée en puissance des prochaines éditions.

En plaçant les outils numériques au service de la mémoire locale, le SAMEAU prouve que le Gabon possède les compétences et l’énergie nécessaires pour façonner son propre récit. Cette jeunesse formée et consciente de sa responsabilité historique est désormais prête à faire rayonner la culture nationale avec audace et créativité.

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