Sylvia et Noureddin Bongo refusent de retourner au Gabon pour leur procès, dénonçant un « spectacle populiste »

L’ancienne première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, et son fils Noureddin Bongo Valentin, actuellement en liberté provisoire à Londres, refusent de se présenter à Libreville pour leur procès, qui doit porter sur des accusations de détournement de fonds publics, entre autres. Les deux personnalités, arrêtées lors du coup d’État d’août 2023, dénoncent des tortures subies en détention et mettent en cause la légitimité de la procédure judiciaire gabonaise.

 

« On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu’ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires à Libreville pour cet événement », a déclaré leur avocat français, soulignant la situation de ses clients, qui possèdent tous trois la nationalité française. Sylvia Bongo, 62 ans, et Noureddin, 33 ans, ont passé 20 mois en détention au Gabon avant d’être autorisés à quitter le pays sous le régime de la liberté provisoire.

 

Dans un communiqué cinglant, les avocats du camp Bongo dénoncent un procès qui serait non seulement un « exutoire politique » mais aussi un « spectacle populiste », affirmant une « violation des règles nationales et internationales les plus fondamentales ».

 

Le cœur de leur refus de comparaître repose sur de graves allégations de mauvais traitements durant leur incarcération. Dans une plainte avec constitution de partie civile déposée en France en mai 2024, Sylvia, Noureddin et Ali Bongo affirment avoir été « violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du Président Oligui Nguema », évoquant des sévices tels que des fouets, des électrocutions, des simulacres de noyade et des passages à tabac. Ces accusations de torture ont toujours été rejetées par les autorités gabonaises.

 

Ces développements marquent une intensification du bras de fer judiciaire à distance entre le clan Bongo déchu et le nouveau régime de transition. Alors que le Gabon cherche à « assainir » la gouvernance en poursuivant les anciens dirigeants, les accusés, forts de leur liberté et de leur nationalité française, s’appuient sur la justice internationale pour contester un processus qu’ils jugent partial et politique. Le procès annoncé à Libreville s’annonce donc sous haute tension, avec la question de la comparution des accusés et la validité des procédures gabonaises au centre des débats.



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Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...

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