Doutsila: cascade de démissions au RPM

Le Rassemblement pour la Modernité (RPM) traverse une zone de fortes turbulences dans le département de la Doutsila, où une vague de démissions sans précédent met en lumière un profond malaise interne. Longtemps présenté comme une force politique montante dans la contrée, le parti semble aujourd’hui en perte de vitesse et, surtout, de repères.

 

Plusieurs cadres départementaux ont officiellement quitté leurs fonctions. Il s’agit notamment de Franck Kinga, délégué à l’Organisation et à la vie du parti ; Wenceslas Ibinga, vice-coordinateur ; Kévin Mandoukou, délégué à la Communication ; Albert Mbadinga Ibouili, trésorier ; Prudence Didoungou Boussougou, déléguée adjointe départementale des femmes ; Axel Mankoundi, responsable départemental des jeunes ; ainsi que Badé Mbadinga, Dieudonné Ikapi et Priscille épouse Ibinga. Selon plusieurs sources internes, d’autres démissions seraient en cours, laissant présager une crise plus profonde encore.

 

À l’origine de cette hémorragie politique, les démissionnaires pointent du doigt la gestion jugée malicieuse et opaque de la coordination départementale, imputée au responsable provincial du RPM dans la Nyanga. Ils dénoncent notamment le non-respect des procédures et de la démarche administrative, pourtant essentielles au bon fonctionnement d’un parti politique.

 

Mais le cœur du malaise réside ailleurs. Les frondeurs accusent le provincial, avec l’aval de la direction nationale du parti, d’avoir favorisé l’investiture de nouveaux venus, sans véritable ancrage local, au détriment des militants de la première heure. Des cadres qui, selon eux, ont pourtant implanté, structuré et animé le RPM à Doutsila durant près de trois ans, jusqu’à en faire une force politique crédible dans le département.

 

Les exemples cités par les démissionnaires sont éloquents : aux élections législatives, le choix porté sur Sosthène Ibouanga, et à la tête du Conseil, la désignation de Charles Iwangou , au détriment de militants qualifiés de « patriotes », investis sur le terrain et bénéficiant du soutien de la base. Une décision vécue comme une trahison par ceux qui ont porté le parti à bout de bras dans la localité.

 

Cette crise interne pose désormais une question importante, celle de savoir si le RPM peut-il se permettre de se couper de sa base militante sans en payer le prix politique ? La réponse semble déjà se dessiner, à mesure que les défections se multiplient et que la confiance entre les militants et la hiérarchie du parti s’effrite.



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