Forêts communautaires : Steeven Békale sonne l’alerte

Invité sur Urban FM ce 23 octobre 2026, Steeven Békale  reviendfa sur sa lettre ouverte au ministre des Eaux et Forêts concernant la forêt communautaire d’EKOREDO. Son message est clair : sans transparence, formation et accompagnement de l’État, les forêts communautaires risquent de devenir des sources de tensions plutôt que des moteurs de développement local.

Faire des forêts communautaires une richesse pour les villages plutôt qu’une source de division. C’est le plaidoyer qui sera porté par Steeven Békale sur les antennes d’Urban FM. Au cœur de son intervention : la situation d’EKOREDO, mais aussi les difficultés de gouvernance auxquelles sont confrontées plusieurs communautés villageoises au Gabon.
Quelques jours après la publication de sa lettre ouverte au ministre des Eaux et Forêts sur sa page Facebook Forêts, l’acteur associatif a tenu à clarifier sa démarche. Pas question, selon lui, de mener une bataille politique. Son objectif est d’alerter sur les difficultés du terrain et de proposer des solutions concrètes.

« Ma démarche n’avait aucune visée politique. Mon intention est avant tout pédagogique et constructive : attirer l’attention sur les difficultés rencontrées et proposer des solutions », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que certains passages de son texte ont pu paraître trop virulents.
Au-delà de la forme, Steeven Békale entend surtout placer le débat sur le fond : comment garantir que les revenus issus des forêts communautaires profitent réellement aux populations ?
Des revenus importants, mais une gouvernance fragile
Derrière les promesses de développement se cache une réalité préoccupante : la gestion des ressources forestières peut fragiliser les relations au sein des villages lorsque les règles de transparence et de répartition des revenus ne sont pas respectées.
Pour Steeven Békale, administrer des sommes pouvant atteindre près d’un milliard de francs CFA sur vingt ans exige des compétences solides. Or, les responsables communautaires ne disposent pas toujours de la formation nécessaire pour assurer une gestion administrative et financière rigoureuse.

Le risque est réel : incompréhensions, contestations et tensions entre habitants peuvent s’installer lorsque les décisions sont mal expliquées ou que les populations ne sont pas suffisamment associées à la gestion des fonds.

« Plus encore que dans les entreprises, la transparence dans nos villages doit être le cheval de bataille de nos autorités. Les mécanismes les plus importants sont le respect scrupuleux des assemblées générales », insiste-t-il.

Pour l’acteur associatif, les assemblées générales ne doivent donc pas être de simples formalités. Elles doivent permettre aux habitants de comprendre les décisions prises, de contrôler la gestion des ressources et de participer aux choix qui engagent l’avenir de leur communauté.
L’État doit aller au-delà de l’attribution des forêts
Steeven Békale ne dédouane pas les responsables associatifs ni les populations de leurs responsabilités. Mais il estime que l’État doit jouer pleinement son rôle après l’attribution des droits d’exploitation.

Son appel est concret : renforcer la présence des services compétents sur le terrain, multiplier les contrôles et former les responsables communautaires à la gestion des revenus forestiers.
L’objectif est de passer d’un dispositif centré sur l’attribution des forêts à un véritable mécanisme d’accompagnement des bénéficiaires. Car, selon lui, donner accès à une ressource sans fournir les outils nécessaires à sa gestion expose les communautés à des difficultés évitables.

Un suivi régulier permettrait notamment de détecter les dysfonctionnements, de prévenir les conflits et d’encourager une utilisation des revenus conforme aux intérêts collectifs.

Cette approche suppose également un dialogue permanent entre l’administration, les associations et les populations. Pour Steeven Békale, la recherche de solutions concertées doit primer sur les oppositions qui risquent d’aggraver les divisions au sein des villages.

EKOREDO, un cas à transformer en exemple
La situation d’EKOREDO constitue ainsi, à ses yeux, une occasion de repenser plus largement la gouvernance des forêts communautaires au Gabon.
L’ambition est de faire de ces espaces des leviers de développement capables de financer des projets d’intérêt général, d’améliorer les conditions de vie des habitants et de préserver durablement le patrimoine forestier.

Mais cette ambition ne pourra se concrétiser sans des règles claires, une gestion transparente et une implication réelle des communautés dans les décisions.
Le message de Steeven Békale se veut donc ferme sur les principes, mais ouvert au dialogue avec les autorités. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les difficultés rencontrées à EKOREDO, mais d’en tirer des enseignements pour éviter que les mêmes problèmes ne se reproduisent ailleurs.

Au fond, une question demeure : à quoi servent les forêts communautaires si les populations qui en sont les bénéficiaires ne parviennent pas à en tirer profit dans la paix et la transparence ?

C’est à cette interrogation que les autorités, les responsables locaux et les communautés sont désormais invités à répondre, afin que la richesse forestière devienne une véritable opportunité de développement pour les villages gabonais.





Assistant Edu Gabon

Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...

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