C’est dans une atmosphère solennelle, marquée par l’observation stricte du protocole, que le Tribunal de Première Instance de Libreville a officiellement installé ce jeudi 22 octobre ses nouveaux magistrats et greffiers. Au cœur de cette cérémonie hautement symbolique, un homme incarne désormais le nouveau visage de cette juridiction : Monsieur le Président Mogoulah Mamadou Landry. Nommé à la tête de l’institution par le Conseil supérieur de la magistrature le 16 septembre 2026, il succède à Jean Gael Doumbeneny avec l’ambition affichée d’allier tradition, éthique et transformation numérique. Au total, ce sont 16 magistrats et 19 greffiers qui ont été installés, prêts à servir sous sa houlette.

Fort d’un parcours académique d’excellence, cet enfant du pays né à Libreville de parents Apindji, titulaire d’une maîtrise en droit privé et d’un D.E.S.S. en ingénierie financière et fiscale de l’Université Dakar-Bourguiba, n’est pas un novice. Intégré dans le corps de la magistrature en 2009 après son passage à l’École nationale de la magistrature, il a gravi les échelons avec constance, de juge au siège à Mouila jusqu’à président de chambre à la Cour d’appel de Libreville. Un riche parcours qui nourrit aujourd’hui son discours empreint de fermeté.

Lors de son allocution, le nouveau président n’a pas tergiversé sur les fondamentaux de la profession. Il a tenu à rappeler les piliers qui doivent guider chaque acte des hommes et femmes de loi. « La déontologie, socle de notre métier », a-t-il martelé, soulignant que cette exigence n’est pas un simple ornement. « Elle en est la colonne vertébrale », a-t-il insisté, exigeant de ses troupes l’indépendance, l’impartialité et une confidentialité absolue. Mais s’il est un sujet sur lequel il a été particulièrement tranchant, c’est celui de la probité. « La probité, condition de la confiance », a poursuivi Monsieur le Président, avant de prévenir sans détour : « Aucune tentation, aucune pression, aucune sollicitation ne doit trouver chez vous une porte ouverte. »

Cette exigence d’intégrité s’étend aux apparences et au quotidien. Il a ainsi rappelé la nécessité impérieuse de respecter les symboles de la République, à commencer par le drapeau, mais aussi de faire preuve d’une ponctualité sans faille. Le temps du justiciable est précieux, et le respect des horaires n’est pas une option. De même, il a été ferme sur la tenue vestimentaire, estimant que la robe et la sobriété « traduisent la solennité de la justice » et exigent une tenue irréprochable en tout lieu.
Conscient des défis du XXIe siècle, le nouveau patron de la juridiction a également placé son mandat sous le signe de la modernisation. Saluant la présence de partenaires de taille comme le PNUD, représenté par Madame Rokya Ye Dieng, et l’ANINF, dont le Directeur général Alberto Mouguengui Moudoki s’est vu chaleureusement remercié pour son soutien, il a réaffirmé l’engagement du tribunal à s’inscrire dans la loi de programmation de la justice à l’horizon 2032. La numérisation de la chaîne judiciaire, la sécurisation des dossiers et l’accélération du traitement des procédures sont désormais des priorités. « Ces exigences s’inscrivent dans un tribunal en pleine transformation », a-t-il souligné, se réjouissant du déploiement de la fibre optique et des outils numériques.

S’adressant avec respect au Premier Président de la Cour d’appel de Libreville, il a aussi tendu la main aux avocats, par la voix de leur Bâtonnier. Pour lui, le dialogue est la clé : « La justice ne se rend pas seule : elle se construit dans le dialogue. » Une justice de collaboration donc, mais aussi une justice d’humanité. En s’adressant directement aux nouveaux promus, il les a exhortés à servir avec « rigueur, loyauté et humanité », exigeant une attention toute singulière pour la protection des mineurs.
Au terme de son discours, après avoir rendu un vibrant hommage à ses prédécesseurs et à tous ceux qui ont forgé son parcours, Mogoulah Mamadou Landry a livré sa vision ultime : demeurer un instrument de paix et d’amour pour une justice plus juste. Un vœu pieux, désormais entre les mains d’une équipe fraîchement installée, observée de près par les justiciables gabonais.
