La crise sociale couve et menace d’exploser au sein des entreprises de transport SOGATRA et TRANS’URB. Réunis en point de presse ce 23 octobre 2026 à Libreville, les délégués de la Dynamique des Syndicats des deux entités ont tiré la sonnette d’alarme. Au cœur de leur courroux : une fusion menée dans l’opacité, des employés laissés à l’abandon et une violation flagrante des textes de loi.

Sur le terrain, la situation est catastrophique. L’activité est à l’arrêt total : les bus sont immobilisés, les ateliers sont portes closes, et les travailleurs n’ont tout simplement plus de salaire. Pourtant, la direction s’obstine à vouloir faire signer de nouveaux contrats CNT, une démarche que les syndicats jugent illégale, pointant du doigt un non-respect des articles 22 et 23 du Code du Travail. « On ne peut pas demander à quelqu’un de signer un contrat quand il n’y a plus de travail », s’insurgent-ils, dénonçant un vice de forme inacceptable.
Mais le malaise est bien plus profond. La Dynamique syndicale dénonce un dialogue social aux abonnés absents. Le cabinet juridique LEX-VIGILIS, chargé de piloter la fusion-absorption, est accusé de travailler « en secret ». Pire, ce cabinet se substituerait à l’employeur, imposant sa propre grille salariale et sa classification du personnel, sans aucune concertation. L’opacité est totale : un mois après la signature des premiers contrats CNT par les conducteurs, le cabinet n’a daigné donner aucun retour. « L’Autorité de tutelle reste muette, l’employeur exécute et nous Travailleurs, premiers concernés, sommes exclus », s’indigne le porte-parole du collectif.

Cette gestion chaotique se traduit également par une absence totale d’anticipation sociale. Aucun plan de sauvegarde de l’emploi ni de départ négocié n’a été mis sur la table. Les syndicats dénoncent des « notifications de départs en retraite en cascade », en violation flagrante du Code de Travail et de Sécurité Sociale de la République Gabonaise. De plus, malgré l’imminence de la création du CNT, les deux entités continuent d’être gérées de manière séparée, semant une confusion délétère alors qu’elles ne forment désormais qu’une seule et même structure.

Face à cette asphyxie programmée, la Dynamique des Syndicats SOGATRA et TRANS’URB durcit le ton. Elle exige la suspension immédiate du processus de signature des contrats CNT en cours. Plus encore, elle réclame la tenue immédiate d’une rencontre tripartite franche, réunissant l’employeur, le Cabinet du Ministre d’État en charge des Transports, le cabinet LEX-VIGILIS et les partenaires sociaux. L’objectif est clair : faire la lumière sur les missions et prérogatives réelles de LEX-VIGILIS dans cette fusion.

Sans réponse rapide de la tutelle, les tensions pourraient rapidement dégénérer. Le porte-parole, TSANGA Rodrigue, a été formel : « Faute de quoi, elle se réserve le droit d’engager toutes les actions Syndicales légales. » Un avertissement sans frais pour les autorités, alors que les premiers concernés, affamés et privés de leurs droits, attendent des actes concrets.
