GABON/PÉNURIE DE CARBURANT: LE MINISTRE DU PÉTROLE CURIEUSEMENT APHONE !

C’est à la limite incompréhensible que le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Vincent De Paul Massassa, dont la responsabilité devrait être clairement engagée dans la pénurie à répétition de carburant, continue de garder le mutisme sur un sujet aussi sensible.

Tous ceux qui ont pris connaissance des deux notes pondues, le 29 juin dernier par le « Tout Puissant » ministre gabonais du Pétrole et de Gaz dont la première intimait l’ordre aux stations-service de ne pas servir plus de 100 litres de carburant par usager, alors que la seconde, elle, interdisait formellement aux industriels de s’approvisionner en station-service tout en demandant aux responsables de ces stations-service d’installer des barres de hauteur à l’entrée et à la sortie des différentes stations. Qui doit prendre en charge ces frais d’installation ? Question posée par les DG des stations-service.

Le membre du gouvernement décidera-t-il enfin de communiquer sur la question de la pénurie vu qu’elle devient dans une atmosphère de confusion assez préoccupante ?

Il y a et pourtant des raisons à cela qui, si elles continuent d’être dissimulées, surtout par les autorités, sont susceptibles d’être interprétées comme de la négligence ou une incapacité du gouvernement à mettre en musique le Plan d’Accélération de la Transformation (PAT), insufflé par Ali Bongo Ondimba, pour presser le développement du Gabon et l’amélioration des conditions de vie des populations. Vincent De Paul Massassa mesure-t-il les conséquences conjuguées de son refus de dire la vérité aux Gabonais et bien-entendu de celles directement liées aux pénuries récurrentes ?

La conséquence de cette pénurie est loin d’être la consommation en stations-service des industriels mais plutôt le non versement de la subvention de l’Etat aux marketeurs.

A titre de rappel, l’État gabonais subventionne depuis plusieurs années le prix du carburant à la pompe, la subvention se traduisant par un blocage du coût du litre de pétrole et de celui de tous ses produits dérivés utilisés dans l’alimentation des véhicules et autres engins roulants. Ceci dit, il revient donc à l’État de reverser aux marketeurs, le différentiel sous forme de subvention. Cette subvention n’étant plus reversée depuis plus de 8 mois, les marketeurs éprouvent, surtout par les temps qui courent, d’énormes difficultés à faire face à leurs charges dont celles vis-à-vis de SOGARA qui éprouve, elle aussi, d’énormes difficultés à honorer ses engagements auprès des fournisseurs du brut et des importateurs. La SOGARA(qui a le monopole et l’exclusivité du marché pétrolier), ne suffisant pas à couvrir les besoins du marché et se voyant dans l’obligation d’importer, ce qui n’est pas sans conséquences pour son portefeuille.

Autre déception dans cetteaffaire, la déclaration d’Andy Makindey- Nze Nguema, Directeur général de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP), qui, cherchant visiblement des responsables ailleurs, accuse les marketeurs, ces propriétaires des produits pétroliers stockés à la SGEPP, mais à qui, à tort, le DG de cette société reproche d’être à l’origine des pénuries aujourd’hui observées depuis fin juin et d’en faire à leur tête, et de déclarer: « la pénurie est liée au dispatching fait par les marketeurs qui privilégient les industriels au détriment des stations-service ». Attaque à laquelle nombreux réagissent en lui renvoyant la question suivante: « M. le DG, si les industriels ne sont pas livrés, comment voulez-vous que les sociétés telles que la SEEG, SOCOBA, GSEZ et bien d’autres travaillent » ?

Au ministre du Pétrole et du Gaz nous recommandons d’arrêter de menacer les marketeurs qui font déjà beaucoup au quotidien et de plutôt opter pour une communication véritable face aux Gabonais sur les raisons, les vraies, des pénuries.

 

Chartrin ONDAMBA

Redacteur en chef adjoint