Timothée Mémey parle aux gabonais (chronique) Et si une main noire était derrière le Putsch au Gabon ?

Il a fallu que la Députée française Marine Le Pen fasse une sortie de piste qui n’était sans doute pas du goût de l’establishment Français, pour que l’on réalise finalement que le putsch au Gabon porte la signature de Paris. Ce coup d’Etat était tellement fluide que j’étais parmi ceux qui restaient dubitatifs quant à la capacité des étoilés à licencier sans préavis le dictateur gabonais sans la France à la manœuvre. « La France a donné son feu vert au coup d‘Etat mené au Gabon ». Ces propos du chef de fil du groupe parlementaire Rassemblement national (RN), malgré les formes diplomatiques qu’ils revêtent, mettent en lumière ce qui, jusque-là, n’était que supputation.

On doit comprendre, à l’analyse, que c’est Paris qui était la marionnettiste de cette pitoyable mise en scène. La France semble avoir renoué avec ses vielles méthodes barbares qui consistaient à déposer des Présidents lorsque ceux-ci ne jouaient plus le jeu et que ses intérêts étaient menacés. Au nom de ‘’la raison d’Etat’’ dont parlait Jean Ziegler, ce pays était prêt à tout. Avec les époques, l’approche a changé, elle devient plus soft voire très subtile. Aujourd’hui ce ne sont plus ses barbouzes qui font le ménage car trop voyant au risque de laisser des plumes sur la scène internationale. L’exemple de la Côte-d’Ivoire, du Congo Brazzaville, de La Lybie où les trois présidents respectifs, Laurent Gbagbo, Pascal Lissouba et Mouammar Kadhafi ont été traqués tels de vulgaires bandits, hantent tel un fantôme sa conscience. Elle n’entend donc plus faire les erreurs du passé.

 

Pour le cas du Gabon, tout semble avoir été bien planifié, bien huilé. A moins d’être un idiot pour ne pas le comprendre. ‘’L’affaire’’ était bouclée d’avance. La promptitude avec laquelle les hommes en armes ont réagi après l’annonce de la victoire du président déchu, soulève quelques questionnements. Alors que les pédégistes savouraient leur victoire, quelques minutes après, vlan ! Le petit écran est parasité par des militaires qui disent être du Comité de transition pour la restauration des institutions(CTRI). On voit apparaître un porte-parole d’un zèle exemplaire, flanqué de deux éléments au regard mauvais, qui nous livre un communiqué aux relents martiaux et bien structuré. Est–ce dire que tout avait été concocté depuis bien longtemps ? La mise à exécution de ce coup de force n’était-elle pas la phase finale d’un plan de destitution savamment muri ?

 

Ce coup de ‘’libération’’ ainsi que le clament les putschistes pour se donner bonne conscience et légitimer leur acte, a certes le mérite d’avoir chassé la clique à Bongo, mais lorsqu’on réalise que c’est l’hexagone qui était à la manœuvre, on n’est vraiment pas sorti de l’auberge.

 

Si Bongo n’était pas tombé en disgrâce aux yeux de Paris, l’armée française ne serait-elle pas intervenue pour le remettre en selle comme ce fut le cas lors du coup de force de 64 lorsque le Président Léon Mba fut déposé par les militaires? Il est des signes qui ne trompent pas. On a bêtement pensé que le CTRI avait pris les choses en main, qu’il avait les coudés franches. Qu’on ne s’y trompe pas, il est sous la captivité des mêmes individus et auprès desquels il doit vraisemblablement prendre les éléments de langage. Jusqu’à quand va-t-on continuer à subir ces descendants de colons qui ont recyclé les vielles pratiques de leurs ancêtres ? A la lumière de tout ce qui précède, quel crédit accorder aux travaux de la concertation nationale censée remettre les choses à plat ? Une chose est sure, la question française risque de n’être qu’un tour de passe-passe qui va conforter Paris dans sa position. Et c’est bien dommage de rater là l’occasion de donner à ce pays un carton rouge!!! Il n’est pas trop tard. ‘’Pour notre essor vers la félicité’’, le CTRI a intérêt à s’affranchir de l’influence de ces sorciers blancs.