Depuis la militarisation du pouvoir au Gabon, plusieurs ministres de l’ancien régime prennent la parole. Certains créent des mouvements ou partis politiques, défendent leurs bilans, d’autres sortent des solutions pour faire avancer le pays. Pas besoin d’être maître géomancien baka pour savoir de qui il s’agit.
La politique, comme disait Philippe De Villiers, c’est une drogue dure. Il m’étonnerait que quand on a fondé sa carrière dessus, grimpé tous les échelons – à plus forte raison quand on a été ministre – on décide de complètement tourner la page.
Qu’est-ce qui suscite l’agacement, voire la détestation, chez ces politiciens ?
La plupart des propositions de ces personnalités post-POUVOIR semblent sortir d’un bon sens, facilement applicables.
Seulement, les personnes qui les défendent n’ont rien vu, ou rien fait, quand ils avaient les manettes entre les mains.
On observe pusieurs anciens ministres qui reviennent sur le devant de la scène avec des solutions aux problèmes qu’ils n’ont pas su résoudre quand ils le pouvaient.
Au fond, comme le dit le moraliste La Rochefoucauld, “le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir”, et mène à l’échec : “Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s’en apercevoir qu’il est difficile de tromper les autres sans qu’ils s’en aperçoivent.”
Bien évidemment, le cauchemar serait que l’ancien président déchu, Ali Bongo, lui aussi, se lance à la reconquête du pouvoir perdu, avec un slogan miracle et de l’argent aux provenances plus qu’opaques.
Espérons juste que le peuple n’oubliera pas les années de gabegie et de corruption lorsque ces « revenants » étaient au pouvoir, et saura ne pas avoir dans la bouche le goût de quelque chose qu’il a déjà vomi.
Pierre Parfait Mbadikumbe
Journaliste/Rédacteur/Consultant communication
