Un vent de panique souffle sur la classe dirigeante de la Doutsila, suite aux révélations sur le détournement d’une enveloppe laissée par le Chef du CTRI lors de sa visite dans la commune de Mabanda. Le Préfet de la Doutsila, Venant IBANGOT, soupçonné d’être impliqué dans cette affaire, a produit un document signé par Patrice Nazaire Nziengui, Délégué spécial intermédiaire du département, dans une tentative de se disculper. Cependant, ce document, loin de l’innocenter, soulève de nouvelles questions et renforce les soupçons à son encontre.
En effet, suite aux soupçons pesant désormais à son encontre, le Préfet de la Doutsila, Venant IBANGOT, pour tenter de se dédouaner de l’affaire puante, aurait produit après ce scandale un document qu’il aurait fait signer à un membre de la Commission de répartition des finances pour la circonstance, Patrice Nazaire Nziengui, Délégué spécial intermédiaire du département. Le document très peu cohérent et pertinent aura été paraphé seulement par les principaux provocateurs du tollé, les signatures des autres membres de la Commission de partage n’étant pas relevées. La publication de ce document aurait pour but de le faire passer comme un agneau blanc.
Cependant, ce geste, loin de l’innocenter, produit le contraire de l’effet escompté auprès de la population de la commune du département de la Doutsila, renforçant les soupçons sur sa personne d’être le maître d’orchestre tant recherché de cette magouille mise au grand jour.
Que révèle toute cette agitation dans la classe dirigeante ?
Ces mouvements indiqueraient la panique à bord des éventuels détourneurs de fonds. Et comme si l’incompétence et l’escroquerie n’étaient pas suffisamment observables, les deux signataires de ce document, n’ont pas relevé que le document loin de les innocenter, constitue en réalité non seulement une preuve supplémentaire non de leur responsabilité dans la supercherie dénoncée la nuit du 12 juillet à Mabanda mais également une incompétence notoire dans la gestion de la circonscription administratives. L’examen de ce document révèle en effet plusieurs incohérences sur le fond et sur la forme.
Sur la forme, on relève en premier lieu que tous les membres du comité de distribution, à l’exception de Patrice Nazaire Nziengui, n’ont pas été associés dans la rédaction du document, et n’ont sûrement pas eu connaissance de sa rédaction jusqu’au au moment même de la signature. Cette action relève unilatéralement des deux signataires, dont l’un, en l’occurrence Venant IBANGOT, n’était pas membre du comité de distribution. Selon certains langues, c’est à Tchibanga que Patrice Nazaire Nziengui a fait signer ce document au préfet.
Deuxièmement, l’absence des signatures de la Sénatrice et du Délégué spécial de Mabanda interpelle puisque c’est à lui, que l’argent a été remis devant tous le monde par le préfet, ce dernier se dédouanant publiquement de toute responsabilité pour le partage. La pertinence de ce document devrait nécessiter que celui désigné comme étant le plus haut responsable dans la distribution signe lui aussi, le document. L’ absence de cette signature en raison du supposé désistement du Préfet et la subordination du second nécessitent par conséquent un éclaircissement sur l’authenticité et la validité du document , puisque les deux signataires n’aurait aucune légitimité à valider la répartition faite. Cette situation inédite démontre des faits obscurs qu’il faudrait élucider avec l’intervention de la gendarmerie.
Sur le fond, l’examen du document relatant les faits selon la version du préfet de la Doutsila et du délégué départemental intérimaire, présente plusieurs limites.
La première consiste dans l’incohérence des chiffres entre la somme de 12050 000 FCFA restituée et la somme distribuée après la restitution, qui est notamment de 12 400 000 FCFA, soit une différence de 350 000 FCFA. Comment expliquer que la somme partagée après restitution soit supérieure à celle qui a été restituée ?
Deuxièmement, elle réside dans la non concordance entre le montant récupéré et les sous ayant disparu. Sachant que le montant manquant soit de 2,5 millions de francs CFA, comment se fait-il que la somme restituée ne soit que de 12 050 000 FCFA, et que celle distribuée de 12 400 000 FCFA, au lieu de 12 500 000 FCFA ? Comment arrive t-on à des gaps de 450 000 FCFA ou 100 000 FCFA ? Où sont-ils passés ?
Par ailleurs, la présence d’un certain Hervé Mouloungui, secrétaire à la mairie de la commune selon le document, détenu jusqu’à ce jour par les enquêteurs, attire particulièrement l’attention. Car n’ayant aucune responsabilité dans le comité de distribution, il a pris part à la distribution, avec l’autorisation du préfet, recevant la coquette somme d’1 million de francs CFA, destinée à la jeunesse. Ce dernier, nommé par le préfet pour participer au partage du magot, indique la responsabilité direct du compositeur dudit comité dans la supercherie réalisée.
Il ne précise pas les rôles de modérateurs et observateurs joués par le Délégué spécial de Mabanda et le sénateur de la Doutsila. Mais fait plutôt une surenchère sur le rôle du délégué spécial, en affirmant que ce dernier aurait remis l’enveloppe contenant le million de francs CFA au Secrétaire municipal, or ce n’est pas ce qui s’est passé. Quelle est la raison de cette surenchère ? Pourquoi vouloir impliquer directement le Délégué spécial de la commune dans la transmission de l’enveloppe à Hervé Mouloungui, sachant que les faits ne se sont pas déroulés ainsi? Une volonté d’imputer la responsabilité de la participation de l’indelicat au délégué spécial de Mabanda ?
De plus, l’examen révèle l’opacité dans le changement des valeurs initiales des enveloppes destinées aux autorités et à l’administration. Ce qui ne permet pas clairement de soutenir l’assertion au neuvième paragraphe de la deuxième page disant, «la somme qui était prévue pour les autorités a été redistribuée dans les autres commissions…». il aurait été pertinent que ces derniers indique combien de francs ont été ponctionnés dans l’enveloppe des autorités.
Le document narratif omet d’ailleurs de souligner le fait que c’est dans le véhicule du préfet, où Jean Louis Dibangou se trouvait pendant plusieurs heures avec ce dernier durant laquelle se déroulait la séquestration du délégué spécial et du sénateur, que la moitié des 3 000 000 FCFA aurait disparu. Une information donnée par l’intéressé lui-même au moment de la restitution, comme l’oblige le devoir d’objectivité dans la restitution des faits. Car même selon la femme du préfet, l’intéressé aurait caché l’argent dans ses vêtements dans le véhicule, avant de sortir. L’endroit où s’est réalisé la disparition d’une partie de l’enveloppe attribuée à Dibangou en présence de son propriétaire implique une partie de la responsabilité incombe au propriétaire et sa femme qui n’aurait pas dénoncé Jean Louis aux gendarmes à l’heure même du forfait éventuel, et même après la déclaration de disparition de la moitié d’argent dans le véhicule du préfet.
le document produit par le Préfet de la Doutsila pour se disculper dans l’affaire Mabandagate soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Les incohérences et les zones d’ombre qu’il contient renforcent les soupçons de détournement de fonds à l’encontre du préfet et de ses collaborateurs. Une enquête approfondie est nécessaire pour faire la lumière sur cette affaire et établir les responsabilités de chacun.
