Yaoundé, Cameroun- Dans le cadre de la journée internationale de l’avortement sans risque, la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun a réuni des professionnels de la santé, des militants et des citoyens pour aborder une question importante : l’accès à des soins d’avortement sécurisés.
L’événement, qui s’est tenu ce vendredi 4 octobre 2024, à l’hôtel Noblesse, à l’arrondissement de Yaoundé premier, a mis en lumière les enjeux sanitaires et sociaux entourant l’avortement dans le pays.
Des Statistiques Alarmantes
Chaque année, environ 25 millions d’avortements non sécurisés sont pratiqués dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Au Cameroun, l’avortement n’est légal que dans des cas très limités, comme en cas de viol ou lorsque la grossesse met en danger la santé de la mère. Cette législation restrictive entraîne des conséquences dramatiques, faisant de l’avortement clandestin la troisième cause de mortalité maternelle.
Un Témoignage Éloquent
Lors de l’événement, un témoignage poignant d’une mère a illustré les dangers des avortements non sécurisés. Elle a partagé son expérience douloureuse : « Je n’avais pas le choix. J’ai dû recourir à des méthodes dangereuses pour mettre fin à ma grossesse. J’étais juste heureuse de l’avoir fait, mais j’ai failli y laisser ma vie. » Ce récit résonne avec de nombreuses femmes au Cameroun, confrontées à des situations similaires.
Un Appel à la Sensibilisation et à l’Action
Le président de la Société des gynécologues et obstétriciens, le Pr Émile Mboudou, a souligné l’importance d’éduquer le public et de sensibiliser les décideurs politiques. « Nous devons promouvoir la santé des femmes et réduire les obstacles à l’accès à des soins de santé de qualité. L’avortement sans risque doit être intégré dans les soins de santé complets, » a-t-il déclaré.
Les films présentés durant la soirée ont également joué un rôle clé en donnant une voix aux femmes souvent laissées pour compte dans ce débat. Ces récits visuels mettent en lumière les luttes des femmes et la nécessité de réformer les lois sur l’avortement au Cameroun.
**Un Futur à Construire**
Les intervenants ont appelé à une mobilisation collective pour garantir des avortements sécurisés et réduire la stigmatisation qui entoure cette question. Les participants ont été encouragés à agir en tant que défenseurs dans leurs communautés, à soutenir des organisations locales et à partager leurs connaissances sur ce sujet vital.
« Chaque action, même petite, peut contribuer à réduire la mortalité et la morbidité liées à l’avortement clandestin, » a conclu le Pr Mboudou.
En cette journée dédiée à l’avortement sans risque, l’engagement des professionnels de santé et de la société civile pourrait bien être le début d’un changement nécessaire pour la santé des femmes au Cameroun.
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