Le ministère de la Communication, à travers la Direction Générale de la Communication et des Médias, a publié un communiqué un jour seulement avant la date limite pour le dépôt des candidatures en vue de l’obtention de la carte de presse et des métiers du cinéma. Cependant, les critères de sélection pour les journalistes suscitent des interrogations, notamment quant à leur réalisme et leur applicabilité dans le contexte professionnel actuel.
Selon le communiqué, les candidats doivent fournir un certain nombre de documents, parmi lesquels une copie légalisée de l’acte de naissance, des photos d’identité récentes, un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois, ainsi que des justificatifs de formation et d’expérience professionnelle. En outre, pour les journalistes, une condition clé est d’avoir au moins cinq années d’expérience continue au sein d’un média reconnu par l’État, tout en tirant l’essentiel de leurs revenus de cette activité.
L’une des exigences les plus critiquées concerne la présentation d’un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois. Dans un délai aussi court, il semble difficile, voire irréaliste, pour de nombreux journalistes de se procurer ce document, en particulier pour ceux vivant dans des zones éloignées où les services administratifs sont peu accessibles. Cette contrainte administrative pourrait décourager des candidats pourtant éligibles.
Par ailleurs, l’article 40 du Code de la communication définit le journaliste comme « toute personne exerçant régulièrement, au sein d’un organe de presse ou à titre indépendant, des activités de collecte, de traitement et de diffusion de l’information ». Cette définition met l’accent sur l’activité journalistique elle-même plutôt que sur des critères formels comme la durée de l’expérience ou la reconnaissance institutionnelle. On peut dès lors s’interroger sur la conformité de ces critères avec l’esprit de la loi.
Le ministère semble privilégier des exigences bureaucratiques, souvent déconnectées de la réalité du terrain et de la diversité des parcours professionnels dans le journalisme. Dans un pays où de nombreux journalistes travaillent de manière indépendante ou au sein de structures informelles, une telle rigidité pourrait exclure une partie importante de la profession.
Il convient également de noter que de nombreux journalistes au Gabon ne disposent pas d’une formation initiale en journalisme. Certains ont étudié des disciplines telles que la philosophie, la sociologie ou le droit, tandis que d’autres ont acquis leurs compétences sur le terrain, en complétant leur expérience par des formations certifiantes ou diplômantes. L’application stricte de ces critères exclurait-elle ces profils pourtant essentiels au paysage médiatique ?
En conclusion, bien que les critères établis pour l’obtention de la carte de presse et des métiers du cinéma soient sans doute animés par des intentions louables, ils nécessitent une révision pour mieux refléter la réalité professionnelle et administrative des journalistes en République Gabonaise. Une approche plus inclusive et adaptée serait bénéfique pour encourager l’ensemble des acteurs du secteur à s’inscrire dans un cadre professionnel reconnu.
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