Nyanga : Une déclaration politique qui ravive les divisions ?

La récente déclaration d’un membre du gouvernement concernant l’engagement des fils et filles du département de la Banio dans la continuité politique a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique de la Nyanga. Cette prise de position, interprétée comme un appel à candidature en faveur du Président de la Transition, met en lumière une réalité politique bien connue : la Banio, fidèle à son soutien au pouvoir en place, cherche à se distinguer des autres départements de la province.

Si cette initiative se veut une marque de loyauté, elle pourrait cependant raviver les tensions entre les différentes localités de la Nyanga. Des départements comme Mougoutsi, Doutsila, Moulengui-Bindza et, dans une moindre mesure, Douigny, ont souvent adopté une posture plus réservée vis-à-vis du pouvoir central. Dès lors, ce positionnement de la Banio risque d’accentuer les fractures internes, renforçant le sentiment que la Nyanga peine à parler d’une seule voix sur le plan politique.

Certains observateurs estiment qu’une telle déclaration aurait eu plus d’impact si elle avait été portée par l’ensemble des acteurs politiques et administratifs de la province. En particulier, la Ministre Syrielle Zora Kassa, benjamine du gouvernement, aurait pu jouer un rôle fédérateur en concluant un message d’unité après concertation avec les autres responsables de la Nyanga.

Cette situation rappelle les vieux démons de la division qui ont souvent freiné l’élan collectif de la province. Pourtant, lors du récent référendum, un climat d’unité avait été observé, donnant l’espoir d’une dynamique nouvelle. Ce retour aux clivages départementaux apparaît donc comme un recul regrettable.

L’attente est désormais tournée vers un éventuel grand rassemblement des fils et filles de la Nyanga, où tous les départements pourraient s’exprimer d’une même voix. Une démarche qui permettrait de dissiper les incompréhensions et de replacer l’unité au cœur des préoccupations provinciales. À défaut, la perception d’un leadership éclaté et d’intérêts divergents pourrait se renforcer, au détriment de la cohésion tant souhaitée.

À titre de comparaison, l’exemple des femmes du Haut-Ogooué, qui ont su s’unir sans distinction politique ou associative, démontre qu’un consensus est toujours possible lorsque la volonté collective l’emporte sur les intérêts partisans.

En attendant, l’heure est à la réflexion. La Nyanga saura-t-elle transcender ses différences pour parler d’une seule voix ? L’avenir nous le dira.

redacteur

Redacteur en Chef