Coup de tonnerre: Jean Rémy Yama absent dans la liste des candidats retenus pour la présidentielle gabonaise 

La publication de la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 12 avril 2025 par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hermann Immongault, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique gabonais. Parmi les noms retenus, une absence notable a immédiatement suscité l’émoi et les interrogations : celle de Jean Rémy Yama, président du Parti National pour la Transition et le Progrès (PNTP) et candidat consensuel pourtant largement attendu dans cette course à la magistrature suprême.

 

Une liste attendue, une surprise inattendue

 

Après une période de dépôt des dossiers de candidature qui s’est étalée du 27 février au 8 mars 2025, la Commission Nationale d’Organisation et de Coordination des Elections et du Référendum (CNOCER) a rendu publique la liste des 23 candidats retenus. Parmi eux, des figures connues du paysage politique gabonais, comme Alain Claude Bilie-By-Nze, Joseph Lapensée Essingone, Stéphane Germain Iloko Boussengui et Brice Clotaire Oligui Nguema. Cependant, l’absence de Jean Rémy Yama, leader charismatique du PNTP, a immédiatement attiré l’attention.

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Jean Rémy Yama : un candidat consensuel écarté

 

Jean Rémy Yama, président du PNTP, était considéré comme l’un des favoris de cette élection. Son parti, connu pour son engagement en faveur d’une transition démocratique et d’une gouvernance transparente, avait suscité un engouement populaire notable. Yama, figure emblématique de la société civile avant de se lancer en politique, incarnait l’espoir d’un renouveau pour de nombreux Gabonais. Son exclusion de la liste des candidats retenus soulève donc de sérieuses questions sur les critères de sélection et les motivations réelles de la CNOCER.

 

Les raisons de l’exclusion : opacité et suspicions

 

Selon les déclarations du Ministre de l’Intérieur, la CNOCER a examiné les dossiers de candidature en se basant sur la Charte de la Transition, la Constitution du 19 décembre 2024 et le Code Electoral. Cependant, aucune explication détaillée n’a été fournie concernant le rejet du dossier de Jean Rémy Yama. Cette opacité alimente les spéculations sur d’éventuelles manœuvres politiques visant à écarter un candidat jugé trop populaire ou trop gênant pour certains cercles du pouvoir.

 

Les articles 77, 80, 81, 82, 86, 87, 88, 170 et 179 du Code Electoral, ainsi que la loi 35/62 du 10 décembre 1962 relative aux associations, ont été invoqués pour justifier les décisions de la CNOCER. Mais en l’absence de transparence, ces références légales ne suffisent pas à apaiser les doutes. Jean Rémy Yama a-t-il été écarté pour des raisons techniques, ou s’agit-il d’une décision politique visant à limiter la concurrence ?

 

Réactions et contestations

 

Conformément à l’article 179 du Code Electoral, Jean Rémy Yama dispose de soixante-douze heures pour contester la décision de la CNOCER devant la Cour Constitutionnelle. Ses partisans, déjà mobilisés, réclament justice et transparence. « Cette décision est une insulte à la démocratie. Jean Rémy Yama est le candidat du peuple, et le peuple ne se laissera pas voler son choix », a déclaré un militant du PNTP lors d’une manifestation spontanée à Libreville.

 

Les observateurs internationaux, déjà attentifs à la tenue de cette élection dans un contexte politique tendu, pourraient également réagir à cette exclusion. L’Union Africaine et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) pourraient être amenées à se prononcer sur la régularité du processus électoral.

 

Une présidentielle sous tension

 

L’absence de Jean Rémy Yama dans la liste des candidats retenus jette une ombre sur la crédibilité de l’élection présidentielle du 12 avril. Alors que le Gabon cherche à tourner la page d’une décennie marquée par des tensions politiques et des accusations de fraudes électorales, cette décision risque de raviver les divisions et de fragiliser la légitimité du futur président.

 

Dans les prochains jours, tous les regards seront tournés vers la Cour Constitutionnelle, où Jean Rémy Yama pourrait tenter de faire valoir ses droits. Mais une chose est sûre : cette exclusion a déjà marqué un tournant dans la campagne électorale, et ses répercussions pourraient se faire sentir bien au-delà du scrutin.

 

Un coup dur pour la démocratie gabonaise ?

 

L’exclusion de Jean Rémy Yama de la course présidentielle pose une question fondamentale : le Gabon est-il prêt à accepter une véritable alternance démocratique, ou les vieux démons de la manipulation électorale sont-ils toujours à l’œuvre ? Alors que le pays s’apprête à choisir son prochain dirigeant, cette affaire rappelle que le chemin vers une démocratie apaisée reste semé d’embûches.

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