Les consommateurs à bout, un appel du RGPC à la justice sociale et au changement

Dans une déclaration empreinte de gravité et de détermination, le Réseau Gabonais pour la Protection des Consommateurs (RGPC) a tiré la sonnette d’alarme, ce samedi 15 mars 2025 à Libreville, sur une situation devenue intenable. Ce collectif, composé d’associations conduites par Tsiendjiet Mboulou Ibrahim, président de l’Organisation Gabonaise des Consommateurs (OGC), Abiaghe Ngoma Christian Richard, président de SOS Consommateurs, Génération Eau Claire et Andome Yendome Edgard représentant de l’Association Gabonaise des Usagers des Banques, dénonce les violations répétées des droits des consommateurs et exige une refonte profonde du rapport entre l’État, les entreprises et les citoyens.

IMG 20250315 123912 761

 

Le tableau dressé par le RGPC est sombre. Les consommateurs gabonais sont confrontés à des défis quotidiens pour accéder aux services essentiels : santé, eau potable, électricité, logement décent ou encore alimentation de qualité. Ces besoins fondamentaux, qui devraient être garantis dans une société juste et équitable, sont devenus des privilèges pour une grande partie de la population. « Chaque jour, c’est la croix et la bannière pour satisfaire des besoins essentiels », déplore le Tsiendjiet Mboulou Ibrahim. Cette réalité n’est pas seulement le reflet d’une crise économique ; elle traduit une indifférence systémique envers les droits des citoyens.

 

Le RGPC ne mâche pas ses mots en pointant du doigt les dérives de l’administration publique. Selon lui, les surtaxes excessives et la parafiscalité étouffent les consommateurs déjà fragilisés, tandis que les services publics restent sourds aux attentes légitimes. À cela s’ajoutent les abus du secteur privé : spéculation sur les prix, qualité médiocre des produits et désinformation commerciale. Ces pratiques alimentent un sentiment d’injustice profond et sapent la confiance dans les institutions.

IMG 20250315 123857 025

Pourtant, cette déclaration ne se limite pas à un constat amer. Le RGPC propose une vision ambitieuse pour sortir de cette impasse. Il appelle à un ,nouveau contrat citoyen », un pacte social audacieux qui replacerait le consommateur au cœur des politiques publiques et économiques. Ce contrat repose sur plusieurs piliers : un cadre législatif renforcé inspiré des normes internationales, une transition énergétique vers des sources durables comme l’hydroélectricité, et une promotion active de la consommation locale. Ces mesures visent non seulement à protéger les droits des consommateurs mais aussi à stimuler un développement inclusif.

 

L’urgence de ce plaidoyer prend tout son sens à l’aube de la cinquième République gabonaise. Alors que le pays s’apprête à élire ses nouveaux dirigeants, le RGPC interpelle directement ceux qui aspirent à gouverner : « Nous en appelons à ceux qui ont choisi d’incarner l’âme de la Nation et de porter son destin. Qu’ils écoutent notre refus de l’inacceptable mépris du consommateur au Gabon », a déclaré Tsiendjiet Mboulou. Ce message est clair : il est temps que les droits fondamentaux des citoyens soient reconnus comme une priorité nationale.

 

Mais au-delà des mots, c’est un véritable changement de paradigme que réclame le RGPC. Il ne s’agit pas seulement de corriger quelques dysfonctionnements ; il faut repenser entièrement le rôle du consommateur dans la société gabonaise. Ce dernier n’est pas un simple rouage dans la machine économique ; il est le moteur même du développement national. Ignorer ses droits revient à compromettre l’avenir du pays.

 

Cet appel vibrant résonne comme un cri d’espoir dans une période charnière pour le Gabon. Il rappelle que la protection des consommateurs n’est pas qu’une question technique ou économique ; elle est avant tout une question de justice sociale. Elle est le socle sur lequel se bâtit une nation prospère et solidaire.

 

Les semaines à venir diront si cet appel sera entendu ou s’il rejoindra la longue liste des promesses non tenues. Mais une chose est certaine : le RGPC a posé les bases d’un débat incontournable sur l’avenir du Gabon. À ceux qui prétendent porter l’espoir d’un changement réel revient désormais la responsabilité d’agir avec courage et détermination pour bâtir un pays où chaque citoyen peut vivre dignement.

 

redacteur

Redacteur en Chef