La campagne présidentielle gabonaise a pris, ce , des allures de proximité dans le 2e arrondissement de Libreville. Sous l’impulsion de Murielle Minkué Mintsa, ministre de la Réforme et figure incontournable de ce bastion, une délégation haute en couleurs a sillonné les artères populaires de Nkembo, Plaine Orety et Avea 2 pour porter la voix du candidat Brice Clotaire Oligui Nguema. Une opération séduction menée avec méthode, où le politique a épousé les contours du familial.

Du marché aux paroisses : l’ancrage local comme stratégie
La journée a débuté par une immersion au marché Nkembo, lieu de vie et de résilience économique. Les commerçants, interpellés par la présence de la ministre Minkué – elle-même enfant du quartier –, ont réservé un accueil chaleureux à la délégation. « C’est ici que tout a commencé pour beaucoup d’entre nous. Le développement du Gabon passe par vos étals », a-t-elle lancé, rappelant son attachement viscéral à ce terroir. Un discours qui résonne comme un hommage discret à ses racines, tout en esquissant les promesses du projet porté par Oligui Nguema : économie inclusive, soutien aux petits entrepreneurs.
Puis, cap sur l’église Saint-Michel de Nkembo, où la délégation, emmenée par Léandre Zué, directeur de campagne du deuxième arrondissement, et Alexandre Barro Chambrier, Coordinateur provincial, a partagé un moment de recueillement. Un passage symbolique, qui souligne l’importance du dialogue entre spiritualité et engagement citoyen. « La foi nous unit, la politique doit nous rassembler », a glissé un membre de la coordination, résumant l’esprit de cette étape.

Causeries politiques et art de la persuasion
Dans les quartiers Plaine Orety et Avea 2, les échanges ont pris la forme de causeries décontractées, mais néanmoins substantielles. Murielle Minkué, en oratrice aguerrie, a su capter l’attention des résidents en mélangeant anecdotes personnelles et arguments programmatiques. « Le 2e arrondissement mérite des infrastructures dignes, une jeunesse employée. C’est le cœur de notre combat », a-t-elle insisté, sous les applaudissements.
Les discussions ont notamment porté sur l’accès à l’eau, l’emploi des jeunes et la sécurité – des préoccupations brûlantes pour les habitants. La ministre, en connivence avec les notables locaux, a joué les médiatrices, promettant une oreille attentive et des actions concrètes sous l’ère Oligui Nguema. « Elle parle sans détours, c’est une fille d’ici. On la croit », confie une commerçante, résumant l’atout que représente cette proximité.

Les notables des 5 Manguiers en dernière étape
La journée s’est achevée aux 5 Manguiers, où la délégation a été reçue par les notables du 2e arrondissement. Un moment protocolaire, mais empreint de franchise, où les engagements ont été scellés autour des priorités locales. Léandre Zué a salué « l’union sacrée des forces vives » derrière le candidat, tandis que Murielle Minkué a rappelé le rôle clé des leaders communautaires dans la réussite du projet commun.
Le terroir comme tremplin
Cette descente sur le terrain révèle une stratégie bien huilée : incarner la campagne dans les réalités quotidiennes des Gabonais. En plaçant Murielle Minkué – ministre certes, mais avant tout fille de l’arrondissement – en première ligne, la coordination joue la carte de l’authenticité. Un atout non négligeable dans un contexte où l’électorat, lassé des promesses en l’air, exige des visages connus et des paroles tenues.

Reste à savoir si cette dynamique locale saura se transformer en votes massifs. Une chose est sûre : en misant sur l’humain avant le politique, Brice Clotaire Oligui Nguema et ses troupes envoient un message clair – la conquête du pouvoir passe par la conquête des cœurs.
Jimmy Mandoukou, journaliste, maître en anthropologie
