Depuis près de deux ans, un vent nouveau souffle sur Kinguele. Ce quartier, longtemps considéré comme le fief incontesté de l’opposition gabonaise, connaît une métamorphose politique sans précédent, catalysée par l’approche novatrice du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le 15 novembre 2024 restera gravé dans la mémoire collective des habitants de ce quartier populaire. Pour la première fois de l’histoire, un président de la République foulait officiellement le sol de Kinguele – et pas n’importe comment : sur tapis rouge, avec les honneurs militaires, un protocole habituellement réservé aux quartiers huppés de la capitale. Ce jour-là, BCON n’était pas seulement venu inaugurer le marché qui porte désormais son nom, mais également lancer les travaux d’un futur centre médical et d’une salle multimédia pour la jeunesse.
« C’était comme un rêve », confie Maman Angèle, commerçante au marché. « Jamais nous n’aurions imaginé qu’un président viendrait jusqu’à nous, nous considérerait. »
La jeunesse engagée, moteur du changement

Un an après cette visite historique, les résultats sont là. Les jeunes leaders locaux, devenus les fers de lance de la politique présidentielle dans le quartier, ont orchestré une mobilisation sans précédent. Sans moyens financiers conséquents mais armés d’une détermination inébranlable, ils ont réussi à inscrire près de 500 nouveaux électeurs sur les listes, nécessitant même l’ouverture d’un bureau de vote supplémentaire.

Ces mêmes jeunes, créateurs du slogan désormais célèbre « Le 12 c’est le 12 » – repris en chœur par toutes les formations politiques durant la présidentielle – ont mené une campagne de terrain exemplaire, allant à la rencontre des habitants, sensibilisant, mobilisant.
Des résultats électoraux historiques
Le soir du 12 avril 2025, l’impensable s’est produit : pour la première fois depuis l’instauration du multipartisme au Gabon, un parti au pouvoir remportait l’élection à Kinguele. Et pas avec une courte avance, mais avec des scores dépassant les 90% dans pratiquement tous les bureaux de vote du quartier.

« C’est une révolution silencieuse », analyse Pierre Moussavou, politologue à l’Université Omar Bongo. « Kinguele était considéré comme imprenable pour le pouvoir. Ce résultat témoigne d’un changement profond dans la perception qu’ont les populations des quartiers populaires envers la gouvernance actuelle. »
Une victoire collective
Cette transformation politique ne s’est pas faite sans le soutien indéfectible des « mamans du marché », ces commerçantes qui ont embrassé dès le début la vision présidentielle pour leur quartier. Ni sans l’engagement de ces jeunes anonymes de toutes les ruelles qui ont fait du porte-à-porte, convaincu leurs voisins, et veillé au bon déroulement du scrutin.

« Nous avons compris que le président ne nous regardait pas de haut », explique Franck, 24 ans, l’un des jeunes mobilisateurs. « Quand il est venu ici, il nous a parlé d’égal à égal, il nous a promis des choses concrètes et il a commencé à les réaliser. Alors pourquoi ne pas lui faire confiance? »
Ce basculement de Kinguele marque peut-être un tournant majeur dans la vie politique gabonaise : la preuve qu’une politique de proximité, basée sur l’écoute et les réalisations concrètes, peut transformer des décennies d’opposition en adhésion massive. C’est en tout cas le pari réussi du président Oligui Nguema dans ce quartier symbolique de Libreville.
