Dans un discours empreint de solennité et d’espoir, Georges Mpaga, figure influente de la société civile gabonaise et leader du Réseau des Organisations Libres pour la Bonne Gouvernance (ROLBG), a dressé un bilan exhaustif de la transition politique au Gabon lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel Hibiscus de Louis.
L’activiste a livré une analyse détaillée des réformes engagées depuis le 30 août 2023, date du renversement du régime d’Ali Bongo, et a esquissé les contours des chantiers prioritaires du premier septennat du Président élu Brice Clotaire Oligui Nguema, plébiscité par 94,85% des suffrages exprimés.

« Nous sommes à un tournant historique de notre pays. Une page s’est tournée, et une autre, résolument nouvelle, s’écrit sous nos yeux, » a déclaré Mpaga devant un parterre de journalistes nationaux et internationaux.
Saluant « l’homme de la Révolution libératrice », Georges Mpaga a rappelé le contexte de la transition menée par le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI), relevant la rigueur avec laquelle l’agenda de retour à l’ordre constitutionnel a été respecté : de l’appel à contributions en novembre 2023 ayant mobilisé plus de 30 000 propositions, au Dialogue National Inclusif d’avril 2024 réunissant près de 700 participants, jusqu’au référendum constitutionnel de novembre 2024.
Des réformes structurelles déjà engagées
Le leader du ROLBG a énuméré les principales réformes institutionnelles mises en œuvre, notamment l’adoption d’une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel avec un mandat de sept ans renouvelable une fois et la suppression du poste de Premier ministre au profit de deux vice-présidents.

Sur le plan économique et social, M. Mpaga a mis en exergue les efforts de transparence financière, le règlement de la dette intérieure et les nationalisations stratégiques comme le rachat d’Assala et le retour de la Société Nationale des Bois du Gabon dans le giron de l’État.
Des avancées significatives ont également été soulignées dans les secteurs de l’éducation, avec la réintroduction des bourses au secondaire ; de la santé, avec l’inauguration de 15 nouveaux centres médicaux ; et des infrastructures, avec la réhabilitation de plus de 500 kilomètres de routes. Une attention particulière a été portée aux programmes d’emploi des jeunes qui auraient permis, selon l’orateur, de réduire le taux de chômage de 40% à 28% en un an.
Une vision patriotique pour le septennat à venir
Pour l’avenir, Georges Mpaga a dévoilé ce qu’il qualifie de « boussole fondamentale » du premier septennat d’Oligui Nguema : « le patriotisme réinventé, non pas comme une simple émotion, mais comme une méthode rigoureuse de transformation nationale. »
Cette vision s’articule autour de trois axes majeurs : une théorie du changement basée sur un projet républicain moderne et inclusif ; la finalisation des réformes structurelles, économiques et judiciaires ; et la mise en œuvre d’un programme présidentiel spécial pour le développement du septennat.

Parmi les priorités évoquées figurent la révision du découpage électoral, la réforme du système judiciaire, l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption, et la modernisation du secteur extractif, notamment autour des terres rares et des minerais de transition.
Vers une réorganisation politique
Fait notable, le conférencier a annoncé la mise en place prochaine d’un Comité ad hoc chargé de concevoir une nouvelle structure politique autour du président élu, inspirée selon lui du « modèle de gouvernance citoyenne du Pastef au Sénégal ».
Ce comité élaborerait une charte fondatrice, des statuts et un règlement intérieur pour un futur mouvement présidentiel, dont les organes dirigeants seraient établis lors d’un congrès constitutif ultérieur.
Un appel à l’unité nationale
Concluant son intervention sur une note solennelle, Georges Mpaga a réitéré son soutien indéfectible au président élu et a lancé un appel vibrant à l’unité nationale : « Nous entrons dans la Ve République, dans un nouveau septennat qui ne sera pas un temps d’apparences, mais un temps de la poursuite d’actions concrètes. Un temps d’unité, de patriotisme, de travail en synergie et de réinvention nationale. »

S’adressant tour à tour à la jeunesse gabonaise, aux aînés et aux partenaires internationaux, l’orateur a appelé à une mobilisation collective pour la « Renaissance tant attendue » du Gabon, affirmant avec conviction que « le Gabon s’est levé, le Gabon a parlé, le Gabon a choisi. »
Cette conférence de presse intervient dans un contexte de profonde transformation politique au Gabon, où les attentes populaires demeurent élevées après la fin du régime Bongo qui aura duré plus de cinq décennies.
