Dans les couloirs d’Airtel Gabon, leader de la téléphonie mobile dans le pays, une réalité sombre et préoccupante persiste depuis des années, sous les yeux d’un ministère du Travail étrangement silencieux. Plusieurs Gabonais y travaillent depuis plus de 15 ans, non pas en tant qu’employés à part entière, mais comme « prestataires », soumis à des contrats précaires, renouvelables tous les trois mois, sans couverture maladie, et pour des salaires dérisoires.
Ces travailleurs, essentiels au bon fonctionnement et à la rentabilité de l’entreprise, sont en réalité fournis par des sociétés de sous-traitance. Un système bien huilé qui permet à Airtel de se décharger de ses responsabilités sociales et de contourner les obligations prévues par le Code du travail gabonais. Pourtant, ces « prestataires » effectuent les mêmes tâches que les employés permanents, souvent avec plus d’ancienneté et d’expertise.
Plus inquiétant encore : toute tentative de revendication des droits ou d’amélioration des conditions de travail se solde systématiquement par des licenciements arbitraires. Certains ont été remerciés après plus de 10 ans de service sans indemnités ni reconnaissance. Une répression qui s’apparente à une stratégie de dissuasion et de musellement des voix discordantes.
Comment le ministère du Travail peut-il rester passif face à cette exploitation manifeste ? Le silence de l’État gabonais sur ce dossier soulève des interrogations légitimes : complicité tacite ou simple négligence ?
Il est temps que l’État gabonais fasse appliquer les lois de la République dans toutes les sphères de l’économie, y compris chez les géants de la téléphonie.
AMOURH CESARD OC
