Dans un Gabon qui s’enorgueillit d’entrer dans l’ère de la Cinquième République, la justice gabonaise vient de s’offrir un spectacle dont le pays se serait bien passé : le rejet, le 8 mai dernier, de la demande de non-lieu en faveur d’Hervé Patrick Opiangah, président de l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS). Un rebondissement qui, loin d’apaiser les tensions, jette une ombre épaisse sur la promesse présidentielle d’unité, de pardon et de respect de l’État de droit.
« Qui profite de la mort politique, sociale, économique et même physique de Monsieur Hervé Patrick Opiangah ? Doit-il être l’agneau à immoler pour le succès de la 5ème République ? » tonne le communiqué de l’UDIS, qui n’hésite plus à parler de « machination politico-judiciaire » orchestrée contre son leader.
Une justice « instrumentalisée » : le malaise de la Vème République
La décision de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Libreville, présidée par Ulric Arnol Nzoundou Bignoumba, a été motivée par un argument jugé « saugrenu » par la défense : l’absence de présentation de M. Opiangah devant le juge d’instruction. Pourtant, le dossier est vide – ni victime, ni preuve, ni plainte dans les délais, et la principale intéressée, sa propre fille, a publiquement démenti toute accusation.
Dans les rangs de la magistrature, la gêne est palpable. « La seule chose qu’il reste à faire à la juge, c’est l’audition de M. Opiangah. Mais sur quelle base, si aucune infraction n’est constituée et qu’il n’y a pas de victime ? La victime, c’est la justice elle-même », confie une source proche du dossier. L’affaire, qui aurait dû s’arrêter là, s’enlise dans un feuilleton judiciaire où l’arbitraire supplante l’État de droit.
Un dossier vide, une justice en crise
Pour Me Marc Bensimhon, avocat d’Opiangah, la procédure n’est rien d’autre qu’une « cabale politique » : « Il n’existe ni plainte, ni preuve matérielle, ni témoignage incriminant. Pourtant, une procédure pénale a été déclenchée, de manière totalement illégale ». L’avocat dénonce l’utilisation de l’appareil militaire et policier de l’État contre son client, qui n’a eu d’autre choix que l’exil pour sauver sa vie et celle de ses proches. Près de 7 000 employés de la holding HPO & Associés se retrouvent au chômage technique, les locaux ayant été scellés par la justice.
Le malaise est d’autant plus profond que l’affaire a éclaté quelques jours après l’appel public d’Opiangah à voter « non » au référendum constitutionnel du 16 novembre 2024, porté par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour l’UDIS, la justice gabonaise s’est muée en bras armé de règlements de comptes politiques, piétinant la promesse présidentielle d’unité et de réconciliation.
La justice gabonaise à l’épreuve de l’international
Face à cet acharnement, Opiangah a saisi la Commission africaine des droits de l’Homme, espérant faire cesser ce qu’il qualifie de « violentes attaques » orchestrées par l’État gabonais. Si la juridiction internationale venait à lui donner raison, le coup serait sévère pour la crédibilité d’une justice gabonaise déjà vacillante sur la scène internationale.
« Le rejet, juridiquement infondé, remet une fois de plus en lumière la problématique de l’indépendance, de l’impartialité et de l’autonomie de la justice gabonaise », martèle l’UDIS, qui prend à témoin le peuple gabonais et la communauté internationale.
Un test grandeur nature pour la Vème République
L’affaire Opiangah est devenue le symbole d’une justice à la croisée des chemins, tiraillée entre l’exigence d’indépendance et la tentation de l’instrumentalisation politique. Le président Oligui Nguema, qui s’était engagé à « servir, protéger et unir tous les Gabonais », voit son serment mis à rude épreuve. Le silence du chef de l’État, désormais jugé assourdissant, est perçu comme une caution tacite à une dérive qui menace l’image du Gabon.
« Va-t-on laisser prospérer un tel dessein machiavélique et injuste ? » s’interroge l’UDIS, qui appelle à un sursaut républicain.
La Cinquième République gabonaise joue ici sa crédibilité. L’affaire Opiangah, loin d’être un simple fait divers, est un révélateur : celui d’une démocratie qui vacille, d’une justice qui doute, et d’un pays qui, à l’heure du choix, doit décider s’il veut vraiment tourner la page des règlements de comptes pour écrire celle de la réconciliation nationale.
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