Le rideau se lèvera ce jeudi 26 juin sur la 11e édition du festival Coup de Théâtre, un rendez-vous culturel désormais incontournable au Gabon. Organisé par Dominique Douma en partenariat avec l’Institut français, ce festival, placé sous le thème évocateur « Ô Terre », promet une immersion profonde dans le théâtre gabonais contemporain, tout en interrogeant ses racines ancestrales et ses responsabilités environnementales.

Lors de la conférence de presse tenue le 24 juin à l’Institut français, Dominique Douma, directeur artistique du festival, a retracé avec passion l’histoire de Coup de Théâtre. Né en 2009 d’une volonté de soutenir les troupes théâtrales privées souvent précaires, ce festival s’est imposé comme un tremplin économique et artistique. « Chez nous, au Gabon, on joue encore trop souvent gratuitement, sans que les troupes puissent tirer un revenu de leurs représentations », a-t-il rappelé. L’introduction de la billetterie a été une révolution, permettant aux artistes de subvenir à leurs besoins matériels et de pérenniser leur art.
Avec le temps, Coup de Théâtre a gagné en envergure, s’ouvrant à des compagnies internationales et africaines, et s’affirmant comme un événement culturel majeur. La fidélité d’établissements scolaires comme le lycée Blaise Pascal ou Henri Silvoz témoigne de son ancrage local.
Un festival en mutation, entre défis logistiques et ambitions artistiques
Cette année, le contexte est particulier : en travaux, l’Institut français a dû céder ses espaces habituels pour accueillir le festival dans des lieux alternatifs, notamment le complexe scolaire Michel Thierry. Cédric Tauresson, directeur général adjoint de l’Institut français, a salué la ténacité des organisateurs et la qualité des compagnies, tout en soulignant les défis persistants du théâtre au Gabon, notamment le manque de scènes dédiées.

Il a également insisté sur la nécessité d’un soutien à double sens : celui des institutions, mais aussi du public, dont la présence et l’achat de billets sont essentiels pour la survie des artistes. « L’art ne s’improvise pas, il se travaille, se cultive, et il a besoin d’être vu », a-t-il rappelé.
« Ô Terre » : un thème d’actualité qui interroge et sensibilise
Le choix du thème « Ô Terre » n’est pas anodin. Louise Lucas, chargée de mission culturelle à l’Institut français, a mis en lumière l’engagement environnemental de cette édition. À travers les spectacles et les tables rondes, le festival invite à une réflexion collective sur les enjeux écologiques actuels, tout en valorisant le patrimoine théâtral gabonais, notamment les formes rituelles ancestrales, souvent méconnues.

Les débats des tables rondes seront particulièrement riches. Charles Assembet, responsable de troupe, a proposé une analyse fascinante sur la théâtralisation des rites traditionnels comme fondement possible du théâtre gabonais contemporain. Selon lui, les cérémonies ancestrales, avec leurs mises en scène, leurs dialogues et leurs rituels, constituaient une forme de théâtre populaire, voire un cinéma avant l’heure. Cette hypothèse ouvre des pistes passionnantes pour réinventer un théâtre enraciné dans l’histoire et la culture gabonaises, tout en dialoguant avec les formes modernes.
Un festival qui fait sens et qui fait vivre
Au-delà des spectacles, Coup de Théâtre 2025 est un acte militant pour la reconnaissance et la valorisation du théâtre gabonais, un art qui lutte contre l’oubli et les difficultés économiques. Il est aussi un appel à la conscience collective, invitant à protéger la planète tout en célébrant la richesse culturelle locale.

Le public est donc invité à répondre présent, non seulement pour applaudir les artistes, mais aussi pour soutenir un secteur culturel vital, en pleine mutation et en quête de reconnaissance.
Coup de Théâtre 2025, c’est plus qu’un festival : c’est une invitation à redécouvrir le Gabon à travers ses histoires, ses traditions et ses combats contemporains. À ne pas manquer du 26 au 28 juin au complexe scolaire Michel Dirat
