Père et Fils » : L’Afrique de l’humour se donne rendez-vous au Gabon

Le Casino Croisette s’est transformé en véritable tribune panafricaine ce vendredi 4 juillet 2025. Manitou et ses invités de marque ont officialisé l’événement humoristique le plus attendu de l’année. L’atmosphère était électrique au Casino Croisette. Sous les projecteurs, quatre figures emblématiques de l’humour africain ont donné le coup d’envoi officiel du spectacle « Père et Fils ». Une conférence de presse qui ressemblait davantage à un avant-goût du show à venir, tant les personnalités présentes ont su captiver l’assistance.

 

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Quand les réseaux sociaux inspirent la scène

 

Manitou, maître de cérémonie et initiateur du projet, n’a pas caché son émotion face à l’ampleur prise par son concept. « C’est un projet qu’on a lancé tranquillement sur les réseaux sociaux avec Taxi Jaune », explique-t-il avec ce sourire malicieux qui fait sa signature. « Le concept a si bien marché que je me suis dit : pourquoi ne pas en faire un spectacle ? »

L’idée, initialement prévue l’année dernière, a dû surmonter plusieurs obstacles logistiques. La fermeture de l’Institut Français pour travaux, les difficultés à obtenir une salle… Mais l’obstination de l’équipe MAN PRO a fini par porter ses fruits. « Nous, quand on organise un événement, on aime bien faire parler de nous », lance Manitou avec une pointe de fierté assumée.

 

Un casting d’exception aux accents continentaux

 

Le choix des invités n’a pas été laissé au hasard. Manitou recherchait des personnalités qui « marchent très bien sur les réseaux sociaux et qui donnent très fort ». Mission accomplie avec ce quatuor d’exception.

Ramatoulaye, le « fou » ivoirien, découvre le Gabon pour la première fois. « C’est ma première fois de venir ici au Gabon parce que je l’ai fatigué », confie-t-il en évoquant ses demandes répétées auprès de Manitou. Cet habitué des planches promet déjà du spectacle : « Moi, quand je danse, je déchire mes habits. L’argent qu’on me donne, même si c’est beaucoup, c’est petit, je déchire et puis je réachète. »

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Karim La Joie, venu spécialement du Burkina Faso, apporte son concept viral « C’est qui lui ? ». Visiblement ému par l’accueil gabonais, il confesse : « Je me sens vraiment en famille. Vous êtes vraiment une famille pour moi. Désormais, Gabon, c’est chez moi. »

Caprice Akamba, la fameuse « pleureuse internationale » du Cameroun, ne cache pas sa satisfaction : « Je suis très contente d’être là, très contente d’être parmi mes aînés. » Avec son humour décapant, elle lance aux futurs spectateurs : « Les tickets sont disponibles. On livre. Même si vous êtes en enfer, on viendra vous livrer. »

 

Au-delà du divertissement, cette initiative porte une vision plus large. Ramatoulaye l’exprime avec force : « C’est l’Afrique qui gagne. Aujourd’hui je suis fier. Quand tu viens au Gabon, c’est propre. Tu vas au Mali, c’est propre. Tu vas en Côte d’Ivoire, c’est propre. On a commencé à s’unir. »

 

Cette philosophie panafricaine se traduit concrètement par la découverte mutuelle des cultures. Manitou se réjouit de pouvoir « faire visiter mes frères mon pays ». Akamba a déjà pu admirer la Baie des Rois, tandis que Karim La Joie a été accueilli par un groupe traditionnel du Wélé du Grand Nord.

 

Un spectacle qui promet des surprises

 

Interrogé sur le format du spectacle, Manitou reste mystérieux, préférant ménager ses effets. « Faut pas manger dans la bouche pour éviter qu’ils ne connaissent pas la courbe de terre avant de l’éther », lance-t-il avec un clin d’œil complice. Une chose est sûre : l’équipe promet « des surprises » et compte bien « faire rêver les gens ».

 

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Le programme s’annonce dense avec des participations individuelles et des collaborations inédites entre les artistes. Marcus, autre Camerounais habitué du Marrakech du Rire, rejoindra la troupe, ainsi qu’un invité mystère très attendu sur les réseaux sociaux.

 

Deux dates, deux villes, une même ambition

 

Le spectacle se déploiera sur deux scènes : ce samedi 5 juillet à la salle du ministère de l’Économie à Libreville, puis le lendemain à Port-Gentil. Un choix stratégique qui permet de toucher un public élargi tout en évitant les conflits d’agenda avec d’autres événements nationaux.

« C’est 19h le spectacle, donc même les ministres qui seront là-bas ont des cartes d’invitations », précise Manitou, visiblement satisfait de l’engouement suscité. Les organisateurs annoncent déjà une salle quasi-complète pour Libreville.

 

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Face aux défis logistiques d’un tel événement, les artistes lancent un appel vibrant au public et aux médias. « Ce n’est pas facile d’organiser un événement. Vous devez soutenir Manitou », insiste Ramatoulaye. « Sans vous, nous ne sommes rien. Sans nous, vous êtes quelque chose. »

 

Cet appel résonne comme un défi lancé à l’industrie culturelle gabonaise. En démontrant qu’une initiative locale peut attirer des talents continentaux, « Père et Fils » ouvre la voie à de nouvelles collaborations artistiques.

 

L’ambition d’une tradition annuelle

 

Manitou ne cache pas ses ambitions à long terme : « Notre souhait, c’est de pérenniser, faire en sorte que chaque année nous avons cet événement Père et Fils. » Une vision qui s’inscrit dans la durée et qui pourrait faire du Gabon une destination privilégiée pour les amoureux de l’humour africain.

Cette première édition marque ainsi un tournant dans le paysage culturel gabonais. En réunissant des talents venus des quatre coins du continent, elle illustre parfaitement cette Afrique créative qui refuse les frontières et mise sur l’union pour rayonner.

 

Le rendez-vous est pris. Ce week-end, Libreville et Port-Gentil découvriront si le pari de Manitou était le bon. Une chose est certaine : l’Afrique de l’humour a désormais rendez-vous au Gabon.

 

Spectacle « Père et Fils » : samedi 5 juillet à 19h, salle du ministère de l’Économie, Libreville. Dimanche 6 juillet, Port-Gentil. Billets disponibles avec service de livraison.

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Redacteur en Chef