« Nous allons vers la félicité » : le pari gabonais vu de l’ambassade congolaise

François Luambo Siongo, doyen du corps diplomatique, livre un témoignage inédit sur les coulisses de la transformation gabonaise.

 

 

Dans le feutré salon de l’ambassade de RDC,ce mercredi 9 juillet, François Luambo Siongo choisit ses mots avec la précision d’un diplomate chevronné. Pourtant, quand il évoque l’avenir du Gabon, c’est avec une émotion palpable que le doyen du corps diplomatique accrédité à Libreville prononce cette phrase qui résonne comme une prophétie : « Nous allons vers la félicité. »

 

Témoin privilégié des soubresauts politiques gabonais, l’ambassadeur congolais a vu se dessiner sous ses yeux une transformation qu’il n’hésite pas à qualifier d’exceptionnelle. « Le timing que le président avait placé, nous sommes arrivés à réaliser ce timing », confie-t-il, admiratif de la capacité du général Brice Clotaire Oligui Nguema à tenir parole. Une qualité rare en politique, surtout en période de transition.

 

Le diplomate se souvient encore de ces élections du 12 avril, organisées dans une atmosphère qu’il décrit comme « civilisée ». « Tous les observateurs du monde » étaient là, rappelle-t-il, comme pour souligner que le Gabon avait réussi son examen de passage sous les projecteurs internationaux. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle marquait l’entrée dans cette fameuse « 5ème République » tant attendue.

 

Mais c’est peut-être dans sa lecture des hommes que l’ambassadeur Luambo Siongo révèle sa finesse d’analyse. Le choix de Barro Chambrier comme vice-président ? « Un choix de qualité et d’expérience », tranche-t-il sans détour. Pour ce fin connaisseur des arcanes politiques gabonaises, cette nomination témoigne d’une vision claire : « Faire du Gabon un grand pays qui va rentrer dans un monde de réflexion. »

 

Les signes de cette métamorphose annoncée se multiplient déjà. L’ambassadeur évoque avec enthousiasme la création de Fly Gabon, symbole d’une ambition retrouvée, ou encore les fruits de la récente mission présidentielle au Nigeria qui a permis d’obtenir « des fonds importants pour la transformation de la société gabonaise ». Des détails qui, pour un observateur extérieur, dessinent les contours d’un pays en mouvement.

IMG 20250709 WA0375

Pourtant, François Luambo Siongo n’ignore pas les interrogations qui accompagnent tout changement. Quand il évoque les transformations urbaines en cours, il comprend les inquiétudes : « Quand nous allons là où nous ne nous connaissons pas, il y a l’obscurité, les gens ont peur. » Mais sa conviction demeure intacte. Ces « mandats de sept ans » qui s’ouvrent promettent, selon lui, « une transformation totale du pays ».

 

C’est avec la sagesse de celui qui a côtoyé de nombreux dirigeants africains que l’ambassadeur congolais livre son analyse. « Je n’ai pas une baguette magique », reconnaît-il humblement à propos des prochaines législatives de septembre. Mais sa longue expérience auprès des Gabonais lui donne cette assurance tranquille de celui qui a su décrypter les signes avant-coureurs d’une réussite annoncée.

 

Dans ce témoignage empreint d’optimisme, l’ambassadeur n’oublie pas de rappeler les liens fraternels qui unissent Congolais et Gabonais. « Nous sommes des Bantous, nous sommes de l’Afrique centrale », martèle-t-il, invitant ses compatriotes établis au Gabon à « accompagner nos frères gabonais » dans cette aventure collective.

 

Au moment de conclure, François Luambo Siongo revient sur celui qu’il considère comme l’architecte de cette transformation : « Le changement, c’est lui, et nous devons l’accompagner. » Une profession de foi qui résonne comme un gage de confiance dans l’avenir gabonais, vue depuis les fenêtres de l’ambassade congolaise où se dessine, jour après jour, cette « félicité » tant espérée.

 

 

redacteur

Redacteur en Chef

One thought on “« Nous allons vers la félicité » : le pari gabonais vu de l’ambassade congolaise

Comments are closed.