Dans une récente déclaration qui marque un tournant dans la vie politique gabonaise, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, fraîchement nommé Secrétaire Général du Parti démocratique gabonais (PDG), a annoncé la reprise en main du parti par l’ancien président Ali Bongo Ondimba, actuellement en soins médicaux à l’étranger.
Cette nomination, datée du 14 mai 2025, intervient après la levée de l’assignation à résidence imposée à l’ancien chef de l’État, renversé par le coup d’État du 30 août 2023. Un rebondissement qui relance les tensions au sein du parti historique du Gabon, déjà secoué par des luttes internes depuis la prise du pouvoir par les militaires.

Onanga Y’Obegue, qui dit avoir rejoint Bongo à l’étranger pour orchestrer cette « réorganisation stratégique », ne mâche pas ses mots face à ce qu’il qualifie de « direction illégale » du PDG. Dans sa déclaration aux accents martial, il dénonce « un groupe autoproclamé, sans mandat, sans légitimité » qui aurait usurpé la direction du parti depuis mars 2024.
L’ancien ministre des Affaires étrangères va même jusqu’à qualifier de « grotesque » une convocation à une audition qu’il aurait reçue d’un huissier mandaté par cette direction contestée. Une escalade rhétorique qui témoigne de la fracture profonde qui traverse aujourd’hui le plus vieux parti politique du Gabon.
Mais au-delà des règlements de comptes internes, cette déclaration révèle surtout les ambitions politiques persistantes d’Ali Bongo Ondimba. Malgré son renversement et son exil forcé, l’ancien président entend bien reprendre les rênes de son parti pour préparer les prochaines échéances électorales. Une stratégie de reconquête qui passe par la modernisation du PDG et son repositionnement dans « l’opposition constructive ».
La promesse d’une allocution prochaine de Bongo lui-même, « pour la première fois depuis le coup d’État », est clairement destinée à réaffirmer son autorité sur un parti en déroute. Une tentative de ressusciter politiquement un homme que beaucoup considéraient comme définitivement écarté du jeu politique gabonais.

Pour les militants du PDG, cette déclaration sonne comme un appel à choisir leur camp dans une bataille qui s’annonce féroce. D’un côté, la légitimité statutaire revendiquée par Bongo et ses fidèles. De l’autre, une direction locale qui a tenté de tourner la page de l’ère Bongo.
Cette guerre des légitimités risque de fragiliser davantage un parti déjà affaibli par quinze mois de traversée du désert. Reste à voir si les militants gabonais suivront cet appel à la mobilisation lancé depuis l’étranger, ou s’ils préféreront se tourner vers de nouveaux horizons politiques dans un Gabon en pleine mutation.
