Ce 11 août marque le 40ᵉ anniversaire de l’exécution du capitaine Alexandre Mandza Ngokouta, événement qui reste gravé dans la mémoire collective comme l’un des épisodes les plus marquants et controversés de l’histoire politique gabonaise contemporaine.
Aux premières heures du 11 août 1985, vers 4 heures du matin, les téléspectateurs de la Télévision Nationale assistent à une scène inédite et brutale : l’exécution au poteau du jeune officier, accusé par le régime de l’époque d’avoir orchestré un coup d’État contre le président Omar Bongo Ondimba.
Originaire du Haut-Ogooué, le capitaine Mandza, surnommé Bahoumbou par ses proches, était alors âgé d’à peine trente ans. Son arrestation, suivie d’un procès expéditif, s’est soldée par la peine capitale. Dans un moment d’une rare intensité, la sentence fut appliquée en direct, sous le regard impuissant et en larmes de sa famille, contrainte d’assister à la scène.
Pour le pouvoir en place, cette exécution se voulait un avertissement à toute tentative de déstabilisation. Mais pour de nombreux Gabonais, elle demeure le symbole d’une justice implacable, marquée par l’absence de véritable droit à la défense et par la volonté de frapper les esprits.
Quatre décennies plus tard, l’événement continue de susciter débats et émotions. Entre devoir de mémoire et besoin de vérité, l’histoire du capitaine Mandza Ngokouta reste une plaie encore vive, interrogeant le rapport du Gabon à sa propre histoire et à la justice.

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