Ntoum : la campagne sociale d’Emmanuel Mvé Mba défie le système en place

 Dans le 3e arrondissement de Ntoum, la campagne législative d’Emmanuel Mvé Mba et de son directeur de campagne, Parfait Ndong Mba, prend des allures de révolte populaire. Lors de quatre meetings tenus ce 24 septembre, l’équipe du MCVL-PSU a présenté un projet politique axé sur la justice sociale et la souveraineté économique, s’engageant à rompre avec les pratiques clientélistes qu’elle dénonce avec virulence.

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À Bikélé-Pavé, Bizango-Rail-BRC, Bizango-Rail et Bikélé Lycée, les candidats ont été accueillis par des populations exprimant un même sentiment d’abandon. Le porte-parole des résidents a dressé un constat sans appel : « Ici, nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité. » Mais au-delà des manques, une vision commune a émergé : le développement de la pêche artisanale. « Avec nos 880 kilomètres de côtes, nous disposons d’un potentiel énorme, encore inexploité », a-t-il déclaré, appelant à la création d’activités génératrices de revenus pour l’autonomie des jeunes et des femmes.

 

La réponse de Parfait Ndong Mba fut un réquisitoire en règle contre le système en place. Il a fustigé les priorités de l’adversaire, symbolisées par des constructions qui ne répondent pas aux besoins essentiels : « si tu viens construire des immeubles là où je n’habite pas… si tu construis des piscines, ça me regarde ? Non ».

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Il a ensuite présenté les mesures phares de son candidat, qu’il oppose à un système d’aides qu’il juge dérisoire et inégal :

· Une allocation familiale de 25 000 francs par mois et par enfant, contrastant avec les 8 000 francs proposés aux fonctionnaires.

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· Une allocation chômage de 100 000 francs par personne mensuellement, pour lutter contre le chômage dans un « pays riche ».

· Une lutte affirmée contre la corruption, évoquant un détournement de 75 milliards prélevés sur 18 000 épargnants gabonais.

 

Sur un ton combatif, le directeur de campagne a dénoncé l’insécurité (« tu ne peux plus sortir de chez toi, le braqueur t’attend même devant ta porte ») et menacé d’actions populaires si les engagements ne sont pas tenus. Il a aussi rapporté des pressions politiques, dont la fermeture de son école par le ministère de l’Éducation, affectant 150 familles.

 

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Emmanuel Mvé Mba, se présentant comme un fils du terroir dont les parents sont natifs des villages Avazock et Baboh, a surenchéri en dénonçant la confiscation des libertés. Il a raconté une anecdote de 2006 où un maire lui demandait s’il avait « l’autorisation du président » pour s’exprimer à Lambaréné. « C’est quel pays ça ? », s’est-il insurgé, pointant du doigt un système qui maintient les populations « dans la dépendance ».

 

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Appelant à la vigilance contre les fraudes électorales (« Ils vont faire voter les morts »), il a exhorté les électeurs à protéger leur vote et à signer un « pacte social » avec lui pour développer des micro-projets. Son message final, « Aidez-nous à vous aider », résume une campagne qui se veut à la fois un cri de révolte et un appel à la co-construction.

 

Avec un discours ancré dans les préoccupations locales et un ton résolument offensif, Emmanuel Mvé Mba et son équipe tentent d’incarner une alternative crédible et déterminée, promettant une bataille électorale acharnée dans le 3e arrondissement de Ntoum.