
Il y a quelque chose de profondément troublant dans le silence qui enveloppe aujourd’hui Owendo. Six mois après l’élection présidentielle d’avril 2025 qui avait fait renaître l’espoir d’une vraie démocratie au Gabon, cette commune portuaire vient de connaître un scrutin local et législatif dont les conditions d’organisation jettent une ombre glaçante sur l’avenir des institutions. Le 27 septembre dernier, alors que les Gabonais pensaient tourner définitivement la page des élections truquées, les mêmes démons du passé ont resurgi avec une violence qui glace le sang : bourrage d’urnes, trafic de procurations, votes frauduleux, enfants de candidats placés comme assesseurs, résultats proclamés avant même la fin du dépouillement.
Ce qui se joue à Owendo dépasse largement les frontières de cette circonscription. C’est toute la crédibilité du processus de transition né du coup d’État du 30 août 2023 qui vacille. Les candidats des deux arrondissements, réunis au-delà de leurs appartenances partisanes dans une coalition citoyenne inédite, ont décidé ce dimanche de briser l’omerta. Leur conférence de presse, d’une gravité exceptionnelle, dresse un réquisitoire accablant contre une mascarade électorale qui rappelle les heures les plus sombres de l’ère Bongo.

Des électeurs attestent avoir voté dans le bureau numéro 15, mais les procès-verbaux officiels indiquent zéro votant pour leurs candidats. Dans le bureau numéro 12 d’Akournam 2, les bulletins d’un candidat n’étaient tout simplement pas disponibles jusqu’à 11 heures du matin. Plus édifiant encore, la Commission électorale locale du deuxième arrondissement a signé et publié le procès-verbal de synthèse à 23h45 le soir du scrutin, alors que certains bureaux, comme celui d’Akournam 2, poursuivaient encore le dépouillement jusqu’à 5 heures du matin le lendemain.

Comment accepter une telle précipitation sans y voir la main d’une manipulation orchestrée ? Comment croire à la sincérité de résultats proclamés dans de telles conditions ? La transhumance électorale, pourtant expressément interdite par l’article 325 du Code électoral, a été pratiquée au grand jour, avec des électeurs déplacés d’un arrondissement à l’autre comme de vulgaires pions sur un échiquier politique. L’achat de consciences, ce cancer qui ronge depuis des décennies la démocratie gabonaise, a repris ses quartiers avec une impudence révoltante. Des mandataires régulièrement accrédités ont été empêchés d’exercer leur mission de surveillance, tandis que des proches de certains candidats présidaient les opérations de vote en violation flagrante de toute déontologie.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est moins la nature des irrégularités que leur banalité. Tout se passe comme si rien n’avait changé, comme si le renouveau démocratique promis après la chute d’Ali Bongo n’était qu’une illusion, un vernis qui s’écaille dès la première épreuve du réel. Les candidats lésés ne s’y trompent pas. En exigeant l’annulation pure et simple du scrutin et en proposant une prorogation technique des organes de la Transition, ils placent le président de la République face à ses responsabilités historiques. Brice Oligui Nguema, porté au pouvoir par un coup d’État présenté comme salvateur, se retrouve aujourd’hui au pied du mur. Va-t-il cautionner cette fraude en laissant ces résultats contestés faire loi, au risque de perdre toute crédibilité ? Ou aura-t-il le courage politique d’annuler ces élections, quitte à proroger une transition qui devait justement prendre fin ?
Le dilemme est cruel, mais il révèle une vérité que beaucoup refusent encore d’admettre : la démocratie ne se décrète pas, elle se construit patiemment, dans la transparence et le respect scrupuleux des règles. Le Gabon post-Bongo oscille dangereusement entre deux avenirs possibles. Le premier est celui d’une vraie rupture, d’institutions crédibles, d’élections sincères où chaque voix compte réellement. Le second est celui d’une continuité déguisée, où les méthodes d’hier survivent sous de nouveaux habits, où les apparences démocratiques masquent la persistance des pratiques les plus viles. À Owendo, dans ces bureaux de vote où les urnes ont été bourrées et les résultats trafiqués, c’est ce second scénario qui vient de s’imposer avec une brutalité stupéfiante.

La coalition des candidats lésés a raison de rappeler au chef de l’État que mettre en balance l’espérance de tout un peuple et les ambitions personnelles de quelques acteurs politiques reviendrait à trahir le pacte de confiance scellé lors de l’élection présidentielle. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un pacte, d’une promesse faite aux Gabonais que les vieilles pratiques n’auraient plus cours, que la transparence primerait sur l’opacité, que la justice l’emporterait sur l’arbitraire. Si cette promesse est brisée dès les premières élections locales, quel crédit accorder aux scrutins futurs ? Quelle légitimité reconnaître à des institutions bâties sur le mensonge et la manipulation ?

L’affaire d’Owendo est un test. Un test pour la transition gabonaise, pour ses dirigeants, pour sa société civile. Elle dit quelque chose d’essentiel sur la fragilité du renouveau démocratique dans un pays où cinquante-six ans de règne familial ont profondément gangréné les mœurs politiques. Elle rappelle que la chute d’un dictateur ne suffit pas à instaurer la démocratie, que les réflexes autoritaires survivent longtemps après la disparition des régimes qui les ont nourris. À quelques mois de la fin programmée de la transition, cette crise électorale sonne comme un avertissement. Le Gabon peut encore choisir la voie de la transparence et de la justice. Mais pour cela, il faut du courage politique, de l’intégrité institutionnelle et une volonté inflexible de rompre avec les pratiques du passé. Owendo attend sa réponse. Le pays tout entier retient son souffle.
Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞

https://shorturl.fm/ujAPX