Procès Bongo : Me Gisèle Eyue Bekale Dénonce un « Simulacre » et Confirme son Retrait

Alors que le procureur général près la Cour d’appel de Libreville a annoncé le procès de Mme Sylvia et de Noureddin Bongo Ondimba pour la prochaine session criminelle spéciale, leur avocate, Me Gisèle Eyue Bekale, monte au créneau. Dans un entretien exclusif accordé au quotidien L’Union, elle qualifie la procédure d’« indigne » et confirme qu’elle ne participera pas à ce qu’elle considère comme un « simulacre de procès ».

L’avocate, qui assure toujours la défense des intérêts de ses clients, base son indignation sur plusieurs manquements qu’elle juge fondamentaux au regard du droit.

Me Gisèle Eyue Bekale met en avant l’existence de deux pourvois en cassation qu’elle a formés contre l’arrêt renvoyant ses clients devant la Cour criminelle.

 

« Ces deux pourvois que j’ai formés devant la Cour de cassation empêchent de manière absolue et légale d’organiser le procès, » affirme-t-elle dans les colonnes de L’Union.

 

Selon elle, la Cour d’appel est légalement dessaisie de l’entier dossier tant que la Cour de cassation ne s’est pas prononcée, rendant la tenue du procès « prématurée ».

 

Non-Respect des Droits de la Défense : Un Dossier Inaccessible

 

Le second point de blocage majeur concerne l’accès au dossier de la procédure. L’avocate rappelle que « la loi exige que le procureur général mette à la disposition de l’avocat l’entier dossier de la procédure ». Un dossier volumineux de 2 188 pages, selon les chiffres du procureur général lui-même.

 

« Cette exigence légale n’a pas été respectée, » dénonce Me Eyue Bekale. « Je suis donc dans l’état d’esprit d’un avocat qu’on invite à un procès sans égalité d’armes ».

 

En l’absence de ce dossier, l’avocate estime qu’elle ne peut pas défendre ses clients « en connaissance de cause », et annonce son retrait : « Dans ces conditions, je ne participerai pas à un simulacre de procès ».

 

L’Absence des Accusés et le Verdict par Contumace

Interrogée par L’Union sur l’absence de ses clients, qui ne seront pas présents à l’audience, l’avocate révèle que Sylvia et Noureddin Bongo Ondimba ne sont pas au Gabon depuis mai 2025, et ce, avec l’autorisation du procureur général.

 

Elle souligne un non-respect des règles de convocation : « Mes clients doivent impérativement être convoqués quatre mois avant la tenue de l’audience, et selon les procédures diplomatiques prévues par les conventions internationales. »

 

Face à ces irrégularités, Me Gisèle Eyue Bekale est pessimiste quant aux chances de disculpation.

 

« Dans la mesure où l’arrêt de la Cour criminelle sera rendu par contumace, c’est-à-dire par défaut, les chances pour mes clients d’être disculpés sont nulles ».

 

Pour l’avocate, l’organisation de cette session spéciale en « méconnaissance totale des droits élémentaires de la défense » soulève de sérieuses questions sur la sincérité et l’

équité du processus judiciaire.

 



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2 thoughts on “Procès Bongo : Me Gisèle Eyue Bekale Dénonce un « Simulacre » et Confirme son Retrait”

  1. Je suis d’accord avec Me Gisèle EYUE BEKALE sur la forme, mais pas dans le fonds.
    Il faut respecter formellement les procédures de justice. Nous voulons la présence des mis en cause à l’audience.
    Pas un procès par contumace.

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