Santé Mentale : En Afrique, une crise silencieuse touche plus de 150 millions de personnes

La santé mentale s’impose comme l’un des enjeux majeurs du développement en Afrique. Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 150 millions d’Africains vivent aujourd’hui avec un trouble mental, allant de la dépression et l’anxiété aux troubles psychotiques sévères tels que la schizophrénie. Ce chiffre alarmant pourrait être plus élevé, tant le diagnostic reste rare et la stigmatisation persistante.

 

Les spécialistes s’accordent sur un point : les chiffres officiels ne reflètent qu’une partie de la réalité. Dans de nombreux pays africains, moins d’une personne sur dix souffrant de troubles mentaux graves bénéficie d’un traitement adapté. L’OMS estime par ailleurs que plus de 37 millions d’adolescents âgés de 10 à 19 ans sur le continent présentent déjà des troubles psychologiques ou émotionnels nécessitant une prise en charge.

 

« Les maladies mentales sont souvent reléguées au rang de mythes ou assimilées à la sorcellerie. Beaucoup de familles cachent ces situations par peur du jugement », explique une psychologue basée à Dakar.

 

La crise repose aussi sur le manque de professionnels et d’infrastructures. En moyenne, l’Afrique compte moins d’un psychiatre pour 100 000 habitants, contre treize au niveau mondial et jusqu’à soixante-dix dans certains pays européens.

 

Dans plusieurs régions rurales, il n’existe officiellement aucun service de santé mentale. Les patients se tournent alors vers des guérisseurs traditionnels, des églises, ou restent isolés, parfois enchaînés à domicile une pratique encore observée dans certains États faute d’alternatives thérapeutiques.

 

Les conséquences dépassent largement le champ sanitaire. L’absentéisme scolaire, la baisse de productivité, l’augmentation des addictions et des violences intra-familiales créent un cercle vicieux affectant le tissu social et économique.

 

À l’échelle mondiale, les troubles mentaux coûteraient près de 1000 milliards de dollars par an en pertes économiques. Bien que les données africaines soient encore imprécises, les analystes estiment que la région perd déjà plusieurs milliards annuellement en productivité et en dépenses sociales indirectes.

 

Le suicide figure parmi les cinq premières causes de mortalité chez les jeunes en Afrique subsaharienne. L’objectif fixé par les Nations Unies réduire d’un tiers les suicides d’ici 2030 semble aujourd’hui compromis, faute de programmes nationaux structurés, de campagnes de sensibilisation et d’accès aux soins.

 

L’OMS appelle les gouvernements africains à agir rapidement. L’organisation recommande : d’augmenter le budget dédié à la santé mentale, aujourd’hui inférieur à 2 % des dépenses nationales de santé dans la majorité des pays ; d’intégrer la santé mentale aux soins primaires ; de former davantage de professionnels ;

et de lutter activement contre la stigmatisation à travers les écoles, les médias et les communautés.

 

« La santé mentale n’est pas un luxe. C’est une condition essentielle du développement humain et économique », rappelle Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

 

Longtemps reléguée au silence, la santé mentale en Afrique devient une priorité incontournable. Si aucune réponse forte n’est apportée, le continent risque de voir une génération entière fragilisée par une souffrance invisible, mais pourtant bien réelle.

 

Plusieurs pays africains, notamment le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Kenya, ont entamé des réformes prometteuses. Reste à savoir si elles inspireront une mobilisation continentale.

 

 



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Hermann POUGEY MAGNINGO

Journaliste, rédacteur Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...

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