Controverse autour des équipements des Panthères : clarifier pour avancer

À quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, une polémique enfle autour du choix des équipements destinés à la sélection nationale. Une confusion alimentée par certaines voix du milieu sportif, qui accusent la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) d’avoir imposé un nouvel équipementier. Une affirmation que la Fédération qualifie de totalement infondée.

Si la discussion prend de l’ampleur, c’est bien parce qu’elle s’inscrit dans un contexte de forte sensibilité : celui de la préparation des Panthères du Gabon pour leur prochain rendez-vous continental. Les spéculations, commentaires et prises de position sur les réseaux sociaux traduisent davantage un climat de rivalité interne qu’une réelle recherche de vérité.

Retour sur les faits

Le 13 novembre dernier, lors de la rencontre opposant les Panthères du Gabon aux Super Eagles du Nigeria, les joueurs ont évolué sous la marque PUMA, équipementier encore en usage dans l’attente d’un nouveau partenaire officiel pour la CAN 2025.

Conformément aux souhaits exprimés par les joueurs en octobre 2025, le Chef de l’État a donné son accord pour la commande de nouveaux équipements. Une première enveloppe de 100 millions FCFA a été mobilisée pour l’achat d’un premier lot en France, suivie plus récemment d’un second décaissement de 300 millions FCFA pour des acquisitions en Turquie. Selon plusieurs sources, ces achats ont été supervisés par l’Office National de Développement du Sport et de la Culture (ONDSC), accompagné du responsable matériel des Panthères.

Avant ce déplacement, la Fégafoot affirme avoir transmis au service acheteur toutes les spécifications techniques exigées par la CAF, ainsi que les recommandations réglementaires habituelles.

Un contrat contesté par la CAF

Cependant, l’instance continentale a fait savoir, dans une correspondance adressée aux autorités gabonaises, que le contrat transmis pour validation ne répondait pas aux normes exigées. La CAF relève notamment :

l’absence de la signature de la Fégafoot, pourtant partie prenante réglementaire ; le manque d’identification claire de l’équipementier ; un défaut de conformité technique des maillots reçus ; l’absence de reconnaissance de la marque concernée, nommée « Gaboma », dans les registres officiels sportifs internationaux.

Une situation qui pourrait entraîner, en cas d’utilisation de ces équipements, une sanction financière évaluée à 300 000 dollars US par match officiel.

Pour la stabilité, place à la clarification

Ce différend met en lumière une question essentielle : la répartition des compétences institutionnelles dans la gestion du football national, notamment lors des phases de préparation des compétitions internationales.

La Fégafoot appelle à la prudence communicationnelle, dénonçant une tentative de polarisation nuisible à l’image de la sélection et du football gabonais. L’institution rappelle que la validation des contrats d’équipementier relève statutairement de la Fédération nationale, conformément aux dispositions de la FIFA et de la CAF.

De son côté, l’Office national de développement du Sport pourrait être amené à préciser son rôle, afin d’éviter tout malentendu ou chevauchement institutionnel.

L’urgence : protéger l’intérêt national

À l’approche d’une compétition majeure, l’enjeu dépasse les querelles de posture. Il s’agit désormais de :

préserver l’image du football gabonais ; éviter toute sanction sportive ou financière ; rétablir un fonctionnement coordonné entre institutions impliquées ; garantir aux joueurs un environnement stable et professionnel.

Le public, les supporters et les observateurs espèrent que cette situation, loin d’affaiblir le football national, servira de point de départ à une meilleure gouvernance sportive.

Pour l’heure, les Panthères poursuivent leur préparation, dans l’espoir d’aborder la CAN 2025 avec sérénité, unité et discipline administrative.